INFO TF1 - Affaire Grégory : ce sont de discrètes auditions de témoins qui ont remis les époux Jacob au cœur de l’enquête

FAITS DIVERS
FOCUS - L'énigme entourant le meurtre de petit Gregory sera-t-elle résolue un jour ? Relancée trente-deux ans après les faits, l'enquête se concentre désormais sur les époux Jacob, le grand-oncle et la grand-tante du petit garçon, Marcel et Jacqueline Jacob. Toux deux ont été placés en détention provisoire. Et selon les informations de TF1, de nouvelles arrestations pourraient intervenir dans les prochains jours. Portraits.

Les enquêteurs dijonnais en ont acquis la certitude :  "Les investigations montrent que plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime". Un crime jamais résolu depuis 32 ans et qui a marqué plusieurs générations. Au cours de ces trente dernières années, les soupçons des policiers se sont orientés vers Bernard Laroche, puis vers Christine Villemin, la maman du petit Gregory ... Aujourd'hui, ce sont vers les époux Jacob que les regards se tournent. L'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin, Marcel et Jacqueline Jacob, ont été mis en examen vendredi et placés en détention provisoire pour "enlèvement" et "séquestration suivie de mort". 


D'après les informations de TF1, le nom du couple Jacob est revenu au centre de cette affaire car de nouvelles auditions de témoins ont été effectuées par les gendarmes, dans la plus grande discrétion, ces derniers mois. L' incarcération du couple est, selon la justice, nécessaire afin qu'ils ne communiquent pas entre eux. De plus, toujours selon les informations de TF1, une seconde vague d'arrestations pourrait intervenir dans les prochains jours. Il fallait donc éviter que des pressions extérieures ne soient effectuées sur les septuagénaires. 

Un couple très proche de Bernard Laroche

Marcel Jacob et Jacqueline Jacob sont le grand-oncle et la grand-tante du petit garçon. Ouvrier à l'usine, Marcel Jacob a un temps été soupçonné par les enquêteurs d'avoir été le corbeau revendiquant le meurtre du petit garçon. D'un caractère affirmé, cet ouvrier était en mauvais termes avec Albert Villemin, son beau-frère et surtout avec son neveu Jean-Marie, père de Grégory. En 1982, il apostrophe son neveu qui vient d'être promu contremaître : "Je ne serre pas la main à un chef. Tu n'es qu'un rampant qui n'a pas de poils sur la poitrine", lance cet oncle envieux, qui vit sur les hauteurs d'Aumontzey (Vosges) dans une maison surplombant celle de sa sœur Monique. 


Une lettre anonyme avait raconté l'accrochage verbal avec Jean-Marie Villemin. Marcel Jacob en avait été le seul témoin et il ne faisait pas mystère de considérer l'ascension sociale du père de Gregory, comme illégitime. Lors de sa conférence de presse, cette semaine, le procureur général de Dijon, est revenu sur ces relations extrêment difficiles au sein de la famille et a notamment confié que Marcel Jacob était animé par "un antagonisme parfois violent avec les parents de Grégory".  Le même antagonisme dont était animé Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie Villemin et ... voisin de Marcel Jacob. 


Marcel Jacob était particulièrement lié à Bernard Laroche, un autre neveu dont il est l'aîné d'à peine quelques années et avec lequel il a été élevé. Les deux compères sont voisins et se rendent visite régulièrement, "même si au début de l'enquête, Marcel Jacob s'était efforcé de dissimuler cette amitié", avaient rappelé les juges dans un arrêt de 1993. Oncle et neveu cultivent une ressemblance physique troublante, moustache et favoris, suscitant parfois la confusion. Mais Marcel Jacob n'a jamais été inquiété par la justice. Pas plus que sa femme Jacqueline, une septuagénaire discrète. 

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Affaire Grégory : la fille du couple Jacob sous le choc

La discrète Jacqueline Jacob, soupçonnée d'être auteure d'une lettre de menace à la famille Villemin

Également mise en examen pour les mêmes chefs d'accusation que son époux, Jacqueline Jacob, 72 ans, est d'une remarquable discrétion depuis le début de l'affaire. Elle était passée sous le radar des enquêteurs au point qu'elle ne fut jamais interrogée durant les cinq premières années d'enquête. Sa première convocation  par le juge d'instruction remonte à décembre 1989 mais elle s'était dérobée. Finalement entendue deux ans plus tard, elle s'était alors montrée particulièrement réticente à répondre aux questions. Une réticence particulièrement surprenante car Jacqueline Jacob avait été désignée par deux expertises graphologiques comme pouvant avoir écrit une des lettres du corbeau en 1983. 


"Le dossier révèle existence d'un lien indissociable" entre cette lettre "et le courrier posté le jour du crime avant 17H15 et l'enlèvement de l'enfant", a indiqué le procureur général lors de sa conférence de presse de vendredi. Les époux Jacob semblent avoir été mis en cause par un minutieux travail de reconstitution du dossier plus que par des éléments nouveaux, hormis l’attribution, à Jacqueline Jacob, d’une des trois lettres de menaces envoyée à la famille Villemin en 1983 et sa ressemblance terminologique avec celle revendiquant le crime, ce que dénoncent leurs avocats. Et selon les nouveaux éléments de l'enquête, le couple Jacob s'adonnait à l'échangisme, une pratique qui, une fois ébruitée, a d'autant accentué le climat délétère au sein de la famille Villemin.

La justice avait des doutes dès 1993

De plus l’hypothèse qu’ils soient les auteurs des appels malveillants "n’a jamais été contredite par un quelconque alibi de leur part ou une impossibilité matérielle de les passer", a précisé le procureur général. Ils n’auraient pas non plus "d’alibi confirmé" le jour du crime. Leur emploi du temps du mardi 16 octobre 1984, jour de la découverte du corps de l'enfant dans les eaux de la Vologne, n'a jamais pu être reconstitué avec certitude. 


Si l'arrestation du couple Jacob fait figure de nouveauté dans cette affaire, ce n'est pourtant pas la première fois que la justice s'intéresse au duo. En 1993, elle remarquait "des similitudes troublantes entre les lettres anonymes et les écritures de Jacqueline Jacob". "Le jour du crime, leur emploi du temps n'a pu être établi avec une totale certitude", relevait également la justice cette année-là. Un peu plus loin, elle s'interrogeait sur un portrait-robot, diffusé après le crime : "Un témoin a cru reconnaitre Marcel Jacob", pouvait-on lire. Enfin, "l’enquête a été entreprise trop tardivement pour avoir des chances sérieuses d’aboutir à un résultat incontestable", disait-elle. 

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Pour l'heure, l'avocat des époux Villemin, Thierry Moser se dit  "très confiant" dans la résolution de l'affaire même si le procureur général de Dijon "n'a pas révélé, c'est évident, l'intégralité des éléments du dossier", dit-il. "Nous avons des éléments troublants, nombreux, précis, concordants, significatifs, à l'encontre des époux Jacob mais également à l'encontre d'autres membres de la cellule familiale que je ne citerai pas". La suite de l'enquête devrait passer par de nouveaux interrogatoires. Avec les limites de l'exercice, plus de 32 ans après le drame. 

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