INFO TF1/LCI - Affaire Kardashian : les (maigres) remords des "papys braqueurs"

REMORDS - Récemment interrogés, deux des agresseurs présumés de la starlette américaine ont pour la premier exprimé des regrets. Souvent du bout des lèvres. Et sans jamais livrer les noms de leurs complices. TF1 vous révèle leurs déclarations.

Un "beau voyou" ne trahit jamais. Reconnaître les faits et "passer à table" devant les policiers ? Oui. Mais livrer des noms de complices, peu importe les preuves réunies contre eux ? Jamais. Yunice Abbas le sait parfaitement. Ce 19 juin 2017, l’un des braqueurs présumés de l’héroïne de télé-réalité américaine Kim Kardashian en octobre dernier à Paris – il a reconnu les faits dès son arrestation en janvier dernier – n’a aucune intention d’aider la juge d’instruction Armelle Briand. 


Une juge qui a pourtant grandement besoin de détails sur la composition précise du gang au butin de 10 millions d’euros de bijoux, jamais retrouvés. "On est de grands garçons, on ne demande pas les noms des gens, explique sans plaisanter le voyou, qui fêtera cette semaine ses 64 ans sous les verrous. Il y a des gens que l’on n’a pas envie de connaître, je ne veux pas faire le curieux ni connaître leur vie. Vous savez, l’habitude c’est de dire 'je te présente Karim' mais là, même pas". 

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VIDEO - Reconstituion en 3D du braquage de Kim Kardashian

La double peine

Quelques jours plus tard, la juge Briand n’aura guère plus de succès face à Aomar Ait-Khedache. Souvent présenté comme le cerveau de l’opération, lui répète inlassablement avoir été recruté par un autre homme : "Il m’a montré des papiers avec des plans, des photos de Mme Kardashian avec une bague et marqué que c’étaient des vraies pierres dessus (…) Tout sans exception était sur internet, dans le moindre détail. C’est quelqu’un qui avait établi un dossier complet sur elle". 


Son identité ? "Je ne veux pas le dire, répond d’entrée de jeu ce 5 juillet 2017 celui qu’on surnomme 'le vieux'. Je ne voudrais pas que vous le retrouviez (…) Je l’appelle X pour ne pas dire son nom. Je ne veux pas revivre un calvaire, ni pour ma famille non plus (…) Je ne veux pas avoir une double peine". Fin de la discussion…

L’affaire a pris des proportions qui n’étaient pas prévues (...) J’ai même pensé à partir sans rien prendreAit-Kedache, un des braqueurs

Les deux suspects, à tour de rôle, ont en revanche exprimé des remords pour la toute première fois. Qui ressemblent parfois à des regrets de ne pas avoir mieux réussi leur coup. Comme si rien ne s’était passé comme prévu cette nuit-là. 


"Je lui ai dit de se taire en français", raconte Ait-Khedache au sujet des cris et des pleurs de leur richissime victime la nuit du braquage dans sa chambre du luxueux hôtel 'No address'. Je lui ai dit 'chut' car l’autre s’énervait à côté (…) Je lui ai dit de se taire pour calmer la situation car je ne n’étais plus à l’aise. Je voulais la rassurer. J’étais venu dans le but de bousculer quelqu’un et de repartir". Pas d’excuses, mais 'le vieux' déplore d’avoir mis "cette dame dans cet état (…). J’en ai fait partie, c’est vrai, mais j’essayais de calmer le jeu (….) L’affaire a pris des proportions qui n’étaient pas prévues. Je parle de l’arme et des menottes (…) J’ai même pensé à partir sans rien prendre".


Le suspect n’a pourtant jamais fait marche arrière. En cavale depuis de longues années au moment du braquage, il a encore moins cherché à se livrer à la police.  "Je n’avais pas le choix. Il y avait du monde en haut et en bas. J’avais peur de représailles. Cela ne se fait pas car je m’étais engagé, mais c’est une situation qui ne me convenait pas".

Si j’avais su qu’il y avait autant de monde à ce rendez-vous, je ne serais pas venu car, trop de monde, ça porte toujours pas la poisseYunice Abbas, un des braqueurs

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JT 20H - Affaire Kim Kardashian : le gang des braqueurs interpellé

Quelques jours plus tôt, Yunice Abbas avait lui aussi fait de nouvelles confidences. Certes, les 65.000 euros qu’il a touchés pour l’opération ("J’ai des doutes sur le partage car on ne m’a pas tenu au courant de comment la revente s’est passée et du prix de revente" précise-t-il tout de même) ont permis d’améliorer quelques temps son quotidien :  "J’avais du mal à payer mes impôts locaux (….) j’avais aussi parfois du mal à remplir mon frigidaire", il exprime toutefois des remords.


Ce 19 juin 2017, dans le bureau de la juge, le voyou chevronné se montre soudainement touché par le long récit de Kim Kardashian, qui a raconté aux enquêteurs son traumatisme. "Ben, c’est dur, ce qu’elle raconte, la manière dont elle l’a vécu, avoue Abbas. C’est un peu difficile, je ne sais pas quoi vous dire". Des remords, mais toujours pas d’excuses. 


Et là encore, un certain agacement d’avoir surtout manqué de cette rigueur professionnelle si chère aux "beaux mecs" : "Moi, je ne me mets pas dans des situations comme cette scène, je ne crée pas des scènes comme ça, raconte le 'papy braqueur' présumé. Des regrets, j’en ai, j’en ai eu dès 5 minutes après avoir quitté les lieux car je n’ai pas aimé la situation, le flottement, les hésitations, il y a eu toute une ambiance, un contexte qui ne m’a pas plus du tout. Après cette lecture, je regrette amèrement mais je ne peux pas revenir en arrière (…) Si j’avais su qu’il y avait autant de monde à ce rendez-vous, je ne serais pas venu car, trop de monde, ça porte toujours pas la poisse".

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Kim Kardashian braquée à Paris

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