Info TF1/LCI - Paris : la mafia des "petits voleurs du métro" arrêtée

FAITS DIVERS
PETITS SOLDATS - Ils étaient à la tête d’un des plus vastes et actifs réseaux de pickpockets du métro parisien. D’après nos informations, 17 hommes et femmes ont été interpellés lundi 19 juin 2017 par la Brigade de protection des mineurs (BPM) de la PJ parisienne, tous soupçonnés d’avoir transformé des dizaines de leurs propres enfants en "ouvriers du vol". Le montant du préjudice dépasse les 3 millions d’euros.

Treize arrestations ont eu lieu lundi à 6 heures du matin, essentiellement dans des camps de Seine-Saint-Denis. Quatre autres suspects ont été, eux, interpellés en Roumanie, dans les villes de Iasi et de Roman, dans le cadre d’une équipe commune d’enquête franco-roumaine.


Les 13 suspects arrêtés en France ont commencé à être déférés hier, mercredi 21 juin 2017, devant des magistrats parisiens, en vue de leurs mises en examen. Fait rarissime, leur placement en détention provisoire a été systématiquement requis à leur encontre.


Une trentaine de pickpockets - souvent les propres enfants des chefs du réseau - ont par ailleurs été emmenés par la BPM pour des auditions libres, en tant que victimes. En grande majorité mineurs, ces adolescents déscolarisés, tous Roumains, sévissaient quotidiennement dans le métro parisien depuis au moins trois ans, faisant aussi de nombreuses victimes en Allemagne et en Espagne. Une partie d’entre eux doit être désormais placée dans des foyers d’accueil, une autre laissée libre.

3 millions d’euros de préjudice

L’enquête, menée par la Cellule de recherches et d’initiative (CRI) de la BPM, a été un travail de fourmis d’une rare ampleur. Au total, plus de 1.000 protagonistes ont été identifiés par les enquêteurs, en France comme en Roumanie. 


Rien que dans la capitale, près de 500 faits – recensés - sont imputés à l’équipe : vols par ruse ou à la tire de téléphones portables, de cartes bleues, de portes-feuilles, etc... Les jeunes voleurs agissaient du matin au soir dans les rames du métro, cinq jours par semaine, souvent avec une efficacité redoutable. Le montant total du préjudice dépasse les 3 millions d’euros.


Le gang, qui a compté jusqu’à une soixantaine de petits soldats, avait fait l’objet au cours des derniers mois de près de 600 arrestations par la police parisienne, presque chaque fois sans poursuite judiciaire (fausses identités, âge impossible à déterminer, prétendues grossesses, etc…).

De richissimes patriarches

Ces très jeunes pickpockets obéissaient aux chefs du réseau, souvent leurs propres parents, des oncles, des tantes… Menacés et parfois frappés, ils étaient vivement priés de ramener chaque jour plusieurs centaines d’euros d’objets. La marchandise était ensuite souvent immédiatement revendue à des receleurs ou transportée par des complices en Roumanie, où vivent les patriarches et chefs de clans. Tous y mènent sur place un train de vie luxueux, roulant dans des bolides rutilants et vivant dans des maisons "bling-bling".


Ces arrestations, ordonnées par un juge de la Juridiction interrégionale spécialisée  (JIRS) de Paris, concernaient des faits allant de la "traite des êtres humains aggravée" au "vol et recel de vol en bande organisée", en passant par l’"association de malfaiteurls", "e blanchiment" et la "non-justification de revenus".

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