"J'ai entendu un grand boum" : le boucher du Super U de Trèbes nous raconte l'attaque du supermarché de Trèbes

"J'ai entendu un grand boum" : le boucher du Super U de Trèbes nous raconte l'attaque du supermarché de Trèbes

INTERVIEW - LCI est entré en contact avec le boucher du Super U de Trèbes, où a eu lieu la prise d'otages commise par homme revendiquant agir au nom de Daech. Choqué, il a réussi à s'échapper du magasin peu après les premiers coups de feu.

Il était présent dans le magasin, ce vendredi 23 mars en milieu de matinée, lorsque le tireur se réclamant de Daech a ouvert le feu, faisant deux morts dans le Super U et blessant le gendarme qui était retenu en otage. Jackie, 55 ans, est boucher depuis plus d'une vingtaine d'années dans ce supermarché de Trèbes, dans l'Aude. Contacté par LCI en début d'après-midi, il nous raconte la scène dont il a été témoin.

"J'étais au stand de la boucherie, dans le magasin, quand j'ai entendu un grand boum. Au début, je me suis dis : 'C'est un rayon qui est tombé ou quoi ?'. Mais non, c'était des coups de feu. Des gens sont passés devant moi en criant, en me disant : 'Il faut sortir, vite!'". Jackie quitte alors son stand pour rejoindre la porte de derrière. Un laps de temps qui lui permet encore d'entendre, dans le magasin, "trois ou quatre coups de feu". "On était une bonne vingtaine, à peu près, à pouvoir sortir par derrière au début de l'attaque, dont des collègues et des clients. Ensuite, on est allé se réfugier au garage, à côté. C'est là que mes collègues m'ont dit qu'ils avaient clairement entendu le tireur crier 'Allah Akbar' et 'Couchez-vous, je vais vous tuer'."

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"On se dit que ça n'arrive que dans les grandes villes"

Depuis la fin de matinée, Jackie est pris en charge sur le terrain de football de la ville, non loin du magasin. "Il y a un monde fou avec nous, les forces de l'ordre sont là. Ils ont ouvert une cellule psychologique et on y passe tous un par un." Il ajoute : "C'est très dur, c'est triste. On n'a jamais eu de problème ici, on ne pensait jamais que ça arriverait chez nous, on se dit toujours que ça n'arrive que dans les grandes villes. Toutes mes affaires sont encore dans les casiers du magasin. A l'heure où je vous parle, j'ai encore ma blouse et mes chaussures de boucher" (interview réalisée en début d'après-midi, ndlr). En milieu d'après-midi, quelques minutes après que nous avons parlé à Jackie, les forces de l'ordre sont intervenues et ont neutralisé le preneur d'otages. 

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