Jacqueline Sauvage, jugée pour le meurtre de son mari violent : "Je l’avais dans la peau"

Jacqueline Sauvage, jugée pour le meurtre de son mari violent : "Je l’avais dans la peau"

FAITS DIVERS
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JUSTICE - Jugée en appel pour le meurtre de son mari, Norbert Marot, Jacqueline Sauvage revient en ce premier jour de procès à la cour d’assises du Loir-et-Cher sur les premières années d’une relation tragique, passionnée et déjà, parsemée de violences.

Pour la seconde fois, Jacqueline Sauvage fait face aux assises. A la cour d’appel de Blois ce mardi 1er décembre, elle apparaît dans le box la démarche hésitante, le visage triste. Vêtue d’un chemisier rouge sous un pull noir, sa chevelure grise relevée en queue de cheval, celle qui a été condamnée en 2014 à dix ans de prison pour le meurtre de son mari Norbert Marot, raconte en cette première journée de procès comment s’est formé ce couple, entre passion et violence, et pour qui le pire est à venir.

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"Très beau et un peu macho"

Jacqueline n’est encore qu’une adolescente lorsqu’elle rencontre Norbert. A 15 ans, elle vit dans la ferme familiale à Maincy, près de Melun (Seine-et-Marne). Petite dernière d’une fratrie de cinq frères, elle est "chouchoutée", "adorée" par ses parents. Et se voit bientôt offrir une motocyclette, avec laquelle elle file rendre visite - en secret - à son futur mari, pris en charge par des éducateurs dans un établissement de la ville. "Il sortait d’une maison de redressement", explique-t-elle à la cour.

Rapidement, elle tombe "éperdument amoureuse" de ce "mauvais garçon", "très beau et un peu macho", qui "avait beaucoup de filles". "Même mes copines étaient intéressées" précise une accusée prolixe, animée, à qui il a été reproché, lors de son premier procès, de se montrer taiseuse. A 18 ans, Jacqueline tombe enceinte de sa première fille, Sylvie. "Norbert ne voulait pas se marier. Mais pour moi, pas question d’être une fille-mère." Les noces sont donc célébrées, même si, au sein du couple, les violences ont déjà commencé.

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"Ça devait éclater"

"Il me parlait méchamment des fois", précise-t-elle. "Mais il avait des moments de tendresse. Alors je lui ai pardonné, je ne voulais pas qu’il m’abandonne." Et d’ajouter, fataliste: "En fait, je l’avais dans la peau." "Combien de temps avez-vous été amoureuse de lui ?" lui demande alors la présidente. "Longtemps. J’ai toujours essayé de l’aider. Un jour, il m’a dit que si je n’avais pas été là, il aurait fait des tas de bêtises." Un amour indéfectible, même si parfois, Jacqueline Sauvage l’avoue, Norbert la pousse à bout. "C’était un homme paresseux. Il ne s’occupait pas des bébés, il partait à la chasse avec sa carabine. Il ne voulait pas travailler, ça l’énervait. C’est moi qui souvent, le forçait à chercher du boulot. Je l’accompagnais pour le motiver, mais il ne s’entendait pas avec les autres salariés", explique-t-elle.

Ce portrait d’un homme rustre et peu sociable, Daniel Sauvage, le frère aîné de Jacqueline, ne fait que le confirmer. Appelé à la barre pour témoigner, il raconte avoir embauché Norbert dans son entreprise, même s’il "était sceptique" devant cet homme "peu scrupuleux et très fier de lui". "Au travail, ça ne s’est pas arrangé, il se foutait de tout", précise celui qui, pendant 35 ans, n’a plus eu de nouvelles de sa soeur. Jusqu’à ce jour de septembre 2012, où il "apprend le drame" : sa soeur a mortellement tiré sur son mari. Une fin tragique qu’il dit comprendre : "Quand on m’a raconté toutes ces violences, j’en ai conclu qu’il fallait qu’il se passe quelque chose. Allait-elle retourner l’arme contre elle, ou contre lui ? De toute façon, ça devait éclater."

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