Jeune battu à mort à Pantin : la tension gagne le lycée Le Corbusier d’Aubervilliers

FAITS DIVERS
TÉMOIGNAGES - Depuis le lynchage à mort d’un adolescent de 16 ans à Pantin (Seine-Saint-Denis) non loin de son domicile d’Aubervilliers, la tension monte entre les jeunes de la ville et ceux de la Courneuve, d'où sont originaires les agresseurs présumés. Illustration avec des heurts survenus au lycée Le Corbusier d'Aubervilliers en début de semaine.

Les habitants d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) craignaient que cette histoire, très violente, ne pousse les jeunes de la ville à la riposte. C’est visiblement ce qu’il se passe aujourd’hui. Dans la nuit de samedi à dimanche, Fosari, 16 ans, a succombé aux blessures infligées par "une trentaine de jeunes dans la rue Magenta de Pantin". L’agression qualifiée de "barbare" par la police, s’est déroulée à quelques centaines de mètres du domicile de la victime, perpétrées par des habitants de La Courneuve. Rapidement, "les envies de vengeance ont envahi les différents quartiers d’Aubervilliers", nous confie une connaissance de la jeune victime.

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Ainsi, lundi, à la sortie du lycée polyvalent Le Corbusier, des jeunes domiciliés à La Courneuve ont été pris à partie. Marine, une élève qui était en cours à ce moment-là, raconte ce qu’elle a vu à metronews : "Entre 16 heures et 16 h 30, j’étais assise en cours quand on a entendu des cris et klaxons en bas de l'établissement. Le professeur s'est penché à la fenêtre et leur a demandé de se calmer, mais ils l’ont ignoré". Très vite, la classe se lève pour savoir ce qu’il se passe : "J’ai vu une trentaine de garçons s’en prendre à un jeune qui était dans une voiture. Ensuite, ils se sont dirigés vers d’autres jeunes et ils en ont fait descendre un de son vélo pour le frapper. C’est un élève du lycée et il habite La Courneuve", détaille l'élève de seconde, qui habite, elle, à Aubervilliers. Le jeune sera "piétiné" selon ses termes, jusqu’à ne plus bouger.

Les élèves de La Courneuve autorisés à rester chez eux

Les agresseurs ont pris la fuite avant que la police n'arrive sur les lieux. Notre interlocutrice nous précise que dès le lendemain, des policiers se sont postés devant l’établissement et que par mesure de sécurité, le lycée a fermé à 16 heures ce jour-là Contacté par metronews, le commissariat de la ville a confirmé "que suite à ces événements, un dispositif de sécurité a été mis en place devant tous les établissements de la ville, et que l’affaire est aujourd’hui saisie par la sûreté départementale". Pour l’heure, aucun des agresseurs n’a été interpellé, mais le lycée a décidé d’agir.

"Nous avons obligation de rentrer directement chez nous après les cours", confie Marine qui explique à metronews "que les élèves qui habitent La Courneuve ont été autorisés à rester chez eux jusqu’à la fin de la semaine", avant quinze jours de vacances scolaires. Cette mesure a été mise en place "dans le but d’apaiser les tensions entre les deux villes", nous précise la mairie. Contactée, la proviseure du lycée n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

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