Jura : le curé accusé du viol d'une femme fragile acquitté

Jura : le curé accusé du viol d'une femme fragile acquitté

FAITS DIVERS
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JUSTICE - L'ancien curé de Moirans-en-Montagne (Jura) a été acquitté jeudi alors qu'il était accusé d'avoir violé en 2010 une paroissienne en état de faiblesse physique et psychologique.

C'est l'épilogue d'une bataille judiciaire qui aura duré quatre ans. Jeudi, l'ancien curé de Moirans-en-Montagne (Jura), Daniel Lagnien, a été acquitté après un procès pour viol qui avait commencé mercredi , à Lons-le-Saunier. "Par ce verdict, la cour a estimé qu'au vu du dossier, elle ne pouvait pas savoir ce qui s'était réellement passé dans cette pièce", ont déclaré les avocats du père Daniel Lagnien, Me Randall Schwerdorffer et Samuel Esteve à l'issue du procès. Un verdict en demi-teinte donc. 

Les faits remontent à juin 2010. Lors d'un pèlerinage en Isère, le prêtre avait fait des avances appuyées à une paroissienne de 39 ans, physiquement et psychologiquement fragile. Il avait essayé de l'embrasser à plusieurs reprises, tout en lui caressant les cuisses et le sexe. Quelques jours plus tard, elle s'était rendue au domicile du prêtre afin de clarifier la situation. C'est alors que le sexagénaire l'aurait, selon elle, entraînée dans sa chambre et violée.

Selon lui, elle était consentante

Une version qu'elle a toujours maintenue. "Elle l'a dit avec force, sans jamais varier dans ses déclarations", a déclaré son avocate Me Aurélie Degournay. "Elle a dit avoir détourné la tête quand il a essayé de l'embrasser et l'avoir repoussé physiquement. Elle a dit qu'elle ne savait plus où mettre ses mains pour se défendre, elle a dit qu'elle s'était débattue", a rapporté l'avocate.

L'accusé s'était montré, en revanche, beaucoup moins ferme dans ses dires. Le père Lagnien avait en effet reconnu le viol lors de sa garde à vue, avant d'affirmer qu'il n'avait pas forcé sa paroissienne à avoir une relation sexuelle. Il a assuré qu'il la croyait consentante et que ce n'était donc "pas un viol". La paroissienne "s'est rendue chez le père Lagnien car il la dégoûte autant qu'elle en a envie", a analysé de son côté Me Schwerdorffer, l'un des avocats du curé, soulignant la personnalité "complexe" et "psychotique" de la trentenaire. Le prêtre avait déjà eu des relations sexuelles consentantes avec d'autres femmes. Selon lui, étant prêtre diocésain, il avait l'obligation de célibat, mais n'a pas fait vœu de chasteté.
 

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