Mystère de l'inconnue retrouvée morte défigurée dans une forêt du Jura : un homme écroué

Mystère de l'inconnue retrouvée morte défigurée dans une forêt du Jura : un homme écroué

FAITS DIVERS
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FAIT DIVERS - Un peu moins d'un an après la découverte du corps sans vie d'une jeune femme âgée d'une vingtaine d'années dans une forêt du Jura, un homme a été interpellé cette semaine. L'individu, originaire du Doubs, est soupçonné d'avoir été le client de cette jeune prostituée. Il a été confondu par son ADN mais nie les faits.

Des bûcherons avaient fait la macabre découverte, le 15 décembre 2016, à quelques jours des fêtes de Noël. Un an d'enquête et une étroite coopération entre la France et la Suisse ont permis de résoudre le mystère du corps sans vie d'une jeune femme retrouvé  dans la forêt du Frasnois, dans le Haut-Jura. La victime avait été découverte défigurée par les coups et dénudée. 


Dans le cadre des investigations menées, un homme a été interpellé cette semaine. Originaire du Doubs,  le suspect a été arrêté mardi. Il a été  mis en examen pour meurtre et placé en détention, a annoncé jeudi la procureur  de Besançon, Edwige Roux-Morizot, au cours d'une conférence de presse. Ce travailleur frontalier confondu par son ADN nie être l'auteur du crime.Il est soupçonné d'avoir été le client de cette jeune femme, prostituée roumaine.

26 coups de couteau

Le corps de cette femme menue, qui portait des cheveux teints en roux, coupés au carré, avait été retrouvé près de la cascade du Hérisson, à proximité de la frontière suisse. Les coups avaient rendu son visage méconnaissable. 


Le cadavre présentait 26 coups de couteau plus ou moins appuyés au niveau du flanc et des cervicales gauches, dont aucun n'a été mortel. Pour les enquêteurs, ils étaient plutôt destinés "à faire souffrir", avait indiqué à l'époque le procureur de Lons-le-Saunier, Jean-Luc Lennon.


Le décès avait, en revanche, été causé par de multiples coups portés au visage, dont les os et les dents étaient brisés, d'après les conclusions de l'autopsie.

Minutieuse reconstitution faciale

Pour tenter d'identifier la victime, l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a dû effectuer une minutieuse reconstitution faciale de la jeune femme pour établir son portrait-robot en 3D. Un appel à témoins avait pu être diffusé très largement en Europe. En parallèle, les gendarmes de la section de recherches de Besançon ont repris une par une les 800 enquêtes pour disparitions inquiétantes recensées en France pour tenter de l'identifier. Mais pendant de longs mois ni famille, ni amis, ni aucune connaissance n'avaient signalé la disparition de cette jeune femme, peu de temps avant Noël. Son identité restait un mystère.


Une cellule d'enquête permanente, d'une demi-douzaine de gendarmes, avait été mise en place pour tenter d'élucider cette affaire difficile. L'ADN et les empreintes digitales de la victime ont ensuite été diffusés à plus d’une vingtaine de pays du continent européen. Mais aucun fichier ADN ne correspondait à l'inconnue du bois du Frasnois avant que les enquêteurs ne trouvent enfin une piste... en partie par hasard. 

Une résolution "fortuite"

La résolution de l'affaire est en effet partie d'un échange fortuit entre les  enquêteurs suisses et les enquêteurs français. Alors qu'ils travaillaient  ensemble sur une autre affaire, ils ont fait le lien entre la découverte d'une  carte d'identité appartenant à une jeune prostituée roumaine à Sullens, en  Suisse, et le corps non identifié retrouvé dans le Jura. "L'ADN de la victime correspondait avec celui de la disparue : un  prélèvement de l'ADN de sa mère en Roumanie a permis de confirmer avec  certitude l'identité de la victime", a expliqué lors de la conférence de presse  le commandant de la section de recherches de la gendarmerie de Besançon, Pascal Péresse.


La victime, probablement tuée à Sullens, près de Lausanne, en pleine  nature, se prostituait en Suisse, où elle n'avait pas de domicile officiel, ont  précisé le représentant de la police cantonale vaudoise, Jean-Christophe  Sauterel, et le procureur du ministère public central du canton de Vaud,  Christian Bauffat.


"L'ADN a été très précieux" pour la résolution de ce crime, car la jeune  femme avait été défigurée par les coups, personne n'avait signalé sa  disparition et les enquêteurs disposaient de très peu d'éléments à son sujet, a  souligné Pascal Péresse.

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