La nageuse Mélanie Hénique victime d'une violente agression homophobe

La nageuse Mélanie Hénique victime d'une violente agression homophobe

FAITS DIVERS
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FAIT DIVERS – La nageuse de l'équipe de France Mélanie Hénique a porté plainte après avoir été insultée et rouée de coups la semaine dernière à Amiens. Une agression homophobe violente sur laquelle elle est revenue ce dimanche.

On en sait un peu plus sur les raisons du forfait de la nageuse Mélanie Hénique ce week-end à l'Open de France de Vichy. La jeune femme de 23 ans s'est confiée à l'AFP sur l'agression homophobe dont elle a été victime la semaine dernière alors qu'elle sortait d'un restaurant avec deux amies à Amiens. "Quatre mecs nous regardaient, ils nous ont demandé des cigarettes, mais je sentais que ce n'était pas que pour ça", a raconté la médaillée de bronze sur 50 m papillon aux Mondiaux 2011. "On allait repartir mais ils ont commencé à nous insulter et tout s'est enchaîné très vite. Un des gars nous a bloquées, je n'ai rien vu venir, le mec m'a frappée, j'étais complètement sonnée, je ne sais pas ce qu'il s'est passé après, j'ai vu mes amies par terre. Après, on est allées aux urgences", poursuit la nageuse, qui a dû être opérée mardi.

Si Mélanie Hénique n'a pas précisé la teneur des propos homophobes "tellement c'était violent", elle a décidé de porter plainte. "C'était un devoir pour moi de rendre publics ces faits, non pas pour parler de moi mais ne serait-ce que pour aider tous ceux qui n'osent pas porter plainte. Ça arrive trop souvent. C'est un acte grave, homophobe, c'est inadmissible, ça doit être puni". La jeune femme, qui "assume complètement" son homosexualité - "je suis comme je suis" - se dit habituellement "discrète" sur sa vie privée. "Je fais attention, je ne l'étale pas (…) J’avais déjà été insultée, mais on ne m'avait jamais frappée. Il y avait beaucoup de haine. Psychologiquement, c'est un sacré choc, je ne m'y attendais pas du tout".

"Il y avait beaucoup de haine"

Sélectionnée pour les Mondiaux début août à Kazan (Russie), elle a été contrainte d'arrêter sa préparation. "Elle récupère, et elle va reprendre l'entraînement dès lundi", a commenté le directeur technique national, Jacques Favre, tout en reconnaissant que l'athlète, qui s'est installée en janvier à Marseille, était très touchée : "C'est problématique psychiquement, c'est assez complexe pour elle, mais physiquement il n'y a pas de chose dramatique (…). On va essayer de la faire nager avec un masque sûrement. On a un préparateur mental au Cercle des nageurs (de Marseille) et on va essayer de l'encadrer un peu plus, de la soutenir. On pense à elle dans ces moments qui sont un peu compliqués." 

Une enquête de police est en cours. Même si "c'est dur, je pense qu'il était important d'en parler. Je pense à toutes ces personnes dont la vie peut être brisée par de telles agressions et qui n'ont pas forcément la possibilité d'en parler. J'ai bien conscience du climat homophobe qui règne en France malheureusement aujourd'hui. C'est une forme de racisme, c'est aussi insupportable que toute autre discrimination et ça doit être condamné comme tel", a conclu Mélanie Hénique qui ne souhaite désormais plus prendre la parole sur ce sujet. La nageuse "aspire à présent à retrouver les bassins", ses "sensations dans l'eau et (son) statut d'athlète de haut niveau". "Il me reste peu de temps pour me préparer pour Kazan. Je veux me donner les moyens de réussir. Je ne voudrais pas donner raison à mes agresseurs en baissant la tête".
 

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