Laboratoire d’explosifs à Villejuif : les deux suspects projetaient un attentat en France

Laboratoire d’explosifs à Villejuif : les deux suspects projetaient un attentat en France

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TERRORISME – Le procureur de la République de Paris, François Molins a donné de nouvelles informations dimanche sur le laboratoire d'explosifs découvert par hasard en banlieue parisienne mercredi. Deux suspects ont été mis en examen. Ils voulaient fabriquer 10 kilos d'explosif et projetaient de commettre un attentat.

L’affaire montre, selon François Molins, "la persistance de la menace terroriste" en France. S’exprimant en conférence de presse quatre jours après la découverte, dans un appartement de Villejuif (Val-de-Marne), d’un laboratoire clandestin de fabrication d’explosifs, le procureur de la République de Paris a indiqué ce dimanche après-midi que les deux principaux suspects arrêtés projetaient de commettre une attaque dans l’Hexagone. Ils ont été mis en examen. Un troisième homme, qui avait également été interpellé, a quant à lui été relâché.  


Les deux hommes  n’avaient pas de plan défin. L'un des deux, fiché S pour son appartenance à la mouvance islamiste radicale, a néanmoins avoué qu’il voulait perpétrer un attentat sur le territoire français "en réponse aux actions de la coalition en Syrie", a précisé François Molins. "Leur projet était la confection d'une bombe pour commettre un attentat", a affirmé le magistrat, soulignant que "l'un d'entre eux a admis qu'ils avaient pensé à s'attaquer à des militaires de l'opération Sentinelle."

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De quoi préparer trois à quatre kilos de TATP

Après avoir salué "la perspicacité" des deux artisans ayant permis la découverte du laboratoire clandestin, le procureur devenu ces dernières années le visage de l’antiterrorisme français a confirmé que toutes les substances chimiques retrouvées "étaient susceptibles de servir à la confection d’explosifs de type TATP". À noter que d’autres produits avaient été trouvés dans un box de la ville de Thiais (Val-de-Marne). Selon François Molins, la quantité saisie – de l’acide sulfurique, de l’acide chlorhydrique, de l’eau oxygénée et de l’acétone notamment – aurait pu permettre la confection de "trois à quatre kilos de TATP". Les deux individus voulaient en fabriquer dix kilos. 


En garde à vue, les suspects ont aussi reconnu avoir voulu partir en Syrie en 2015. Un projet finalement avorté faute de contacts sur place et de moyens suffisants, a expliqué le magistrat. L’analyse de leurs ordinateurs et de leurs téléphones ont permis de découvrir des photos de kalachnikov et des vidéos de propagandes de Daech, mais aussi de montrer qu’ils avaient consulté des sites djihadistes, des tutoriels de chimie et un simulateur de conduite de poids-lourd. Une photo du fils de l’un des suspects – celui fiché S – portant un fusil d’assaut a également été retrouvée. 


Cet homme, arrêté après le propriétaire de l’appartement, suivait de nombreuses chaines de discussions de la mouvance terroriste par l'intermédiaire de l'application Telegram. Il a, toujours selon François Molins, été "en relation directe au mois d'août 2016 avec Rachid Kassim, djihadiste français ayant rejoint l'Etat islamique dans la zone irako-syrienne, via son profil Facebook", a encore ajouté François Molins. Une information judiciaire a été ouverte contre les deux hommes des chefs d'association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes, d'atteinte aux personnes et de fabrication d'engins explosifs, détention et transport de substances ou produits explosifs, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

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