Le chauffeur présumé de Salah Abdeslam "transpire l'innocence"

Le chauffeur présumé de Salah Abdeslam "transpire l'innocence"

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SUSPECT - Ali Oulkadi, Français vivant en Belgique de 31 ans, est soupçonné d’avoir aidé Salah Abdeslam à se cacher, lors de son retour à Bruxelles. Pour son avocat, Ali Oulkadi "transpire l’innocence". Ses proches, eux, ne comprennent pas.

Il est inculpé depuis lundi pour avoir joué les chauffeurs. Ali Oulkadi, 31 ans, figure dans la liste des suspects de Bruxelles, interpellés à la suite des attentats meurtriers du 13 novembre. Comme d’autres, il se serait retrouvé sur la route de Salah Abdeslam, toujours activement recherché, au lendemain des attaques. Comme d’autres, il est soupçonné d’avoir aidé le terroriste présumé à prendre la fuite.

Olivier Martins est l’avocat d’Ali Oulkadi. Contacté par metronews, il précise l’itinéraire de son client qui, samedi 14 novembre à 12h18 très précisément, a reçu un appel lui demandant d’aller chercher un ami près de la station de métro Bockstael, à Bruxelles. Selon nos informations, c’est Hamza Attou qui est au bout du fil. Suspecté d’avoir exfiltré Salah Abdeslam de Paris immédiatement après les attentats, la police a retrouvé chez lui des munitions pour kalachnikovs. "Un ami d’enfance de mon client", reconnaît maître Martins.

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"Il a tué des gens, il s'est fait exploser"

"Arrivé à la station de métro, Ali ne reconnait pas tout de suite l’homme qui accompagne son ami, car il portait un bonnet sur la tête", poursuit-il. Cet homme, c’est Salah Abdeslam. Qui, à ce moment-là, n’est pas encore recherché par les forces de police européennes. S’engage alors un court trajet en voiture, d’environ cinq kilomètres, entrecoupé d’un arrêt dans un café.

"Là, mon client demande à Salah des nouvelles de son frère Brahim", reprend l’avocat. "Il lui répond ceci : 'Brahim, tu ne le verras plus. Il a tué des gens, il s’est fait exploser.'" "Mon client est très choqué d’apprendre cela. Il dépose finalement Salah Abdeslam à la station de métro Schaerbeek, en plein Bruxelles, dans la rue. Il a agi comme un automate. Salah lui a dit d’attendre cinq minutes avant de repartir, pour s’assurer qu’il ne serait pas suivi. Ce que mon client a fait. Il n’en sait pas plus."

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"Il parlait de foot, du Barça"

Et Olivier Martins d’ajouter : "Il ne comprend pas ce qui lui arrive. C’est un garçon intégré qui transpire l’innocence. Il a deux enfants, une femme et un travail dans la restauration." Alors Ali Oulkadi a-t-il simplement été appelé par la mauvaise personne, au mauvais moment ? Ou était-il parfaitement informé des plans des frères Abdeslam ? Son entourage, en tout cas, est sous le choc.

Nous avons contacté un membre de la famille d’Ali Oulkadi, qui souhaite garder l’anonymat. L’homme, peiné, parle d’un garçon "pas du tout radicalisé" qui, depuis toujours à Molenbeek, "parle de foot et du Barça". Et, forcément, connaît bien les habitants du quartier. "Vous savez, ajoute-t-il, Molenbeek, c’est tout petit. Tout le monde se connait, se croise au café ou au marché le jeudi." Cette interpellation, avoue-t-il au nom de sa famille, "ils ne la comprennent pas". Ce vendredi, en milieu d’après-midi, la chambre du conseil a prolongé d’un mois la détention préventive d’Ali Oulkadi. Son avocat annonce à metronews son intention de faire appel de cette décision, dans quinze jours.

EN SAVOIR + 
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