Le jeune homme agressé à coups de batte de base-ball par le footballeur Antoine Conté sort du silence

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TÉMOIGNAGE – Pour s’être interposé dans une violente dispute entre le défenseur du Stade de Reims, Antoine Conté, et sa compagne, Liam Jean, 19 ans, avait été roué de coups par le footballeur le 8 décembre dernier. Sorti de l’hôpital, il livre ce mercredi sa version des faits.

Antoine Conté a ressurgi mardi dans l’actualité footballistique : son club, le Stade de Reims, a annoncé le prêt de son défenseur, pour six mois avec option d’achat, au Beitar Jérusalem. Un transfert permis par la récente levée de son contrôle judiciaire. Une condition sine qua non puisque le joueur avait été mis en examen le 9 décembre dernier, pour violences volontaires avec armes. 


La veille à Reims, il avait agressé, à coups de batte de base-ball, un jeune homme qui s’était interposé au milieu d’une violente dispute entre le footballeur et sa compagne, devant la maison du couple. La victime, qu’Antoine Conté a laissé gisant au sol pour "aller faire quelques courses", ne s’était jamais exprimée depuis cet incident, qui lui a valu une hospitalisation et de nombreuses séquelles. Liam Jean l’a fait ce mercredi, sur les ondes de France Bleu Champagne-Ardenne.

Il raconte : "Ce jour-là, je n'avais pas cours. J’étais avec quelques amis dehors, dans une petite résidence, en train de faire du skate. Et d'un coup, j'ai entendu une femme qui pleurait, qui criait, avec une porte qui s'ouvrait assez violemment. J'ai décidé d'aller voir. Lorsque je suis arrivé, j’ai vu une femme qui se faisait repousser de chez elle, vraiment jeter, qui trébuchait par terre. Du coup, je me suis fait remarquer pour être vu. Et c'est là qu’Antoine Conté s’est retourné et m’a insulté. Il m’a dit de me casser sinon il allait 'me niquer ma race'. Je suis parti directement. Mais je n'ai pas eu le temps d’appeler la police car Antoine Conté est ressorti avec une batte de base-ball et une bombe lacrymogène. Je ne les avais pas vus. Il m'a appelé, je suis allé vers lui et il a avancé vers moi. Je lui ai dit que ça ne servait à rien, ce qu'il faisait. Mais bon, il a quand même mis un premier coup dans la jambe et il a enchaîné dans la tête, je suis tombé par terre."

Le jeune homme assure qu’il ignorait, sur le moment, que son agresseur était un footballeur professionnel. Qu’a-t-il ressenti en le découvrant ? "Ben je me suis dit qu'il allait échapper à la justice parce qu'il était connu. Je ne pourrai rien y faire." Dans l’attente de reprendre sa vie de lycéen, il s’ennuie à la maison, entre les "rendez-vous avec plein de spécialistes, l'ORL, le kiné, pour mon dos, pour mon oreille et aussi pour mes mains. Je dois aller voir le neurologue, faire des IRM, des scanners"… 


Sur son état, il dit : "Je ne sens pas certain de mes doigts, ma mobilité est toujours réduite, pareille pour les lèvres inférieures et supérieures gauches que j'ai du mal à bouger. Je ne peux pas attraper n'importe quoi, des charges trop lourdes. Et puis aussi, je n'arrête pas de rêver de lui. (…) Sachant que je veux devenir DJ, c’est embêtant. Je ne peux pas m’entraîner."

Durant ses 72 heures de garde à vue, Antoine Conté avait reconnu les faits, avait regretté son "coup de sang", ajoutant "qu'il se dégoûtait lui-même". Il s’était ensuite excusé auprès des magistrats, et à l’égard de sa victime. "Personnellement, ça ne m'a pas atteint, réagit l’intéressé. Je suis indifférent. Il s'est excusé comme ça, mais auprès de moi il n'a rien fait, je n'ai pas reçu de lettre ou il n'a pas vu avec son club pour m'envoyer une lettre. Il s'est excusé auprès des médias. Pour moi, c'est pour son image, c'est tout." 


Une certitude : malgré les conséquences, Leam Jean ne regrette pas un instant sa conduite ce jour-là : "Je trouve ça normal. Quelqu’un qui a besoin d'aide, il faut l'aider. Je me suis dit concrètement que si j’appelais la police, le temps qu'ils arrivent, ben la femme allait certainement se faire battre. Et en même temps je me suis dit qu'il valait mieux lui montrer qu'il n'était pas tout seul. (…) Je ne me perçois pas comme un héros. J'aurai été un héros si j'en étais sorti indemne et si j'avais sorti cette jeune femme de là. Je me sens juste comme quelqu’un de normal et de civilisé."

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