Le kamikaze de Saint-Denis est identifié : le point sur l'identité des terroristes

Le kamikaze de Saint-Denis est identifié : le point sur l'identité des terroristes

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QUI EST QUI - Après les sanglants attentats de Paris et de Saint-Denis perpétrés vendredi 13 novembre, difficile de s'y retrouver dans la liste des terroristes impliqués. La quasi-totalité des membres des quatre commandos identifiés est néanmoins connue. Metronews fait le point.

 Attaque du Bataclan 

Ismaël Omar Mostefaï Ce Français de 29 ans a été identifié comme l’un des kamikazes du Bataclan. Originaire de Courcouronnes (Essonne), il avait fait l’objet en 2010 d’une fiche S pour radicalisation. "Mais il n’a jamais été impliqué dans un dossier de filière ou d’association de malfaiteurs terroriste", avait précisé samedi soir le procureur de Paris. Selon une source proche de l’enquête, Mostefaï fréquentait assidûment la mosquée de Lucé, en Eure-et-Loir. Il vivait dans le quartier de la Madeleine, à Chartres. Il aurait séjourné en Syrie entre l’automne 2013 et le printemps 2014. Ses parents, domiciliés à Romilly-sur-Seine depuis 2013, ont été placés en garde à vue au lendemain des attentats du 13 novembre.

Samy Amimour Agé de 28 ans, cet homme originaire de Drancy est l'un des kamikazes qui s'est fait exploser au Bataclan. Il avait été mis en examen en octobre 2012 pour un projet de départ avorté vers le Yémen, a révélé le procureur. Il avait violé son contrôle judiciaire à l'automne 2013 et un mandat d'arrêt international avait été délivré. Il serait alors parti en Syrie pour se radicaliser et était encore sur place à l'été 2014 et s'y serait marié. Son père a raconté au M, le magazine du Monde en décembre 2014, sa radicalisation après une visite à son fils au nord d'Alep pour tenter de le convaincre de quitter le califat.

Foued Mohamed-Aggad Près d'un mois après l'attaque de la salle de concert, c'est le dernier des assaillants du Bataclan a avoir été identifié. Foued Mohamed-Aggad était un Strasbourgeois de 23 ans qui était inconnu de la justice française jusqu'à son départ en Syrie fin 2013. Fiché "S" au moins depuis lors, son ADN ne figurait pas dans les fichiers, ce qui explique le temps nécessaire à son identification. C'est finalement un texto envoyé à la mère du terroriste présumé qui a tout déclenché. En provenance de Syrie, il indiquait à cette dernière que son fils était mort en "martyr". Avisés, les enquêteurs ont alors éffectué des recoupements entre l'ADN de cette femme et celui du terroriste du Bataclan : Foued Mohamed-Aggad . 

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L'équipe "des terrasses" du Xe et du XIe

Salah Abdeslam C'est aujourd'hui l'homme le plus recherché d'Europe. Un appel à témoins a été lancé par la France pour tenter de mettre la main sur cet "individu dangereux", âgé de 26 ans. Salah Abdeslam a loué les deux voitures utilisées par les terroristes, retrouvées ensuite près du Bataclan et à Montreuil. Dans ce second véhicule, une Seat Leon noire, utilisée pour mener les attaques dans les bars du Xe et XIe arrondissements, ont été trouvés des kalachnikovs. Selon RTL, il aurait déposé son frère, Brahim, qui s'est fait exploser dans un café du boulevard Voltaire, avant d'abandonner le véhicule à Montreuil. Il aurait ensuite été exfiltré par deux amis en Belgique. Le trio a été contrôlé à Cambrai par les gendarmes samedi matin mais a pu continuer sa route. A ce moment-là, Salah Abdeslam – qui n'était pas fiché par les services de renseignement – n'était pas encore recherché et son lien avec les attentats n'avait pas été établi. La presse belge indique qu'il pourrait être revenu en France, à Saint-Denis, juste avant l'opération du Raid menée mercredi. "Il se serait donc trouvé dans l’appartement, aux côtés d’Abdelhamid Abaaoud, au lancement de l’assaut. Ce qui signifierait que son corps se trouverait parmi les décombres", écrit la DH. Autre piste : Le Nouvel Observateur a de son côté avancé la possibilité que le suspect ait craqué avant de passer à l’acte.

Brahim Abdeslam Agé de 31 ans, il est le frère de Salah. Il s'est fait exploser au comptoir Voltaire, sur le boulevard du même nom, vendredi soir. Ses amis sont sous le choc, nul ne semblait se douter que derrière ce petit trafiquant sans envergure, consommateur d'alcool et de drogue, se cachait un djihadiste prêt à se faire sauter avec une ceinture d'explosifs.

Un terroriste non identifié Le troisième assaillant de l'attaque perpétrée dans le Xe et XIe arrondissement de Paris vendredi soir n'a pas été formellement identifié. Il pourrait être Chakib Akrouh selon les enquêteurs, le troisième terrorisme qui s'est fait exploser lors de l'assaut du Raid le 18 novembre dans l'appartement de Saint-Denis.

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 Attaques au Stade de France

Bilal Hadfi 20 ans, est le plus jeune des terroristes identifiés. Il résidait en Belgique et avait combattu en Syrie dans les rangs du groupe Etat islamique (EI), selon la presse américaine. Sa radicalisation a été fulgurante. Fan de rap, il cesse d'écouter de la musique, raconte son professeur qui témoigne de son changement après les attentats de Charlie Hebdo. Celui qui posait alors en maillot de bain tout sourire devant une piscine commence à tenir des propos extrémistes, juge que les femmes doivent porter le voile pour ne pas être violées... "J'avais l'impression qu'il allait exploser d'un jour à l'autre" confiera sa mère, désespérée, dans une interview au journal belge La Libre après le départ de son fils en Syrie. Un aveu prémonitoire. Le jeune homme s'est fait exploser vendredi soir aux abords du Stade de France.

Passeport au nom d'Ahmad al-Mohammad A côté du corps d'un kamikaze a été trouvé un passeport syrien au nom d'Ahmad al-Mohammad. Il a été le premier mort des attentats du 13 novembre en se faisant exploser à la porte D du stade de France. Les empreintes du kamikaze concordent avec "celles relevées lors d'un contrôle en Grèce en octobre 2015", précise le procureur. Mais après vérifications, le passeport n'appartient pas au kamikaze. En effet, Ahmad al-Mohammad est un soldat de Bashar al-Assad qui est aujourd'hui mort. 

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Un terroriste non identifié Comme le premier kamikaze, cet homme dont la photo est diffusée ce dimanche aurait emprunté la route des migrants par la Grèce. La police française a diffusé dimanche un appel à témoins, assorti d'une photo, pour identifier "le troisième auteur décédé d'un des attentats commis le 13 novembre au Stade de France". Les enquêteurs avaient annoncé vendredi que ce kamikaze, qui s'est fait exploser rue Jules-Rimet à proximité de la porte H du Stade de France, avait été enregistré le 3 octobre sur l'île grecque de Leros, en même temps qu'un autre kamikaze, dont la photo a déjà été diffusée par la police mais qui reste non identifié.

 La planque de Saint-Denis

Abdelhamid Abaaoud dit "Abou Omar Soussi"  27 ans, est soupçonné d'être l'instigateur des attentats de Paris. Il a été tué au cours de l'intervention du Raid mené dans un appartement de Saint-Denis mercredi. Cette figure du djihadisme belge apparaissait également dans de nombreux dossiers de terrorisme en Europe. Il aurait notamment été en lien avec les auteurs présumés de l'attentat avorté de Villejuif, de l'attaque du Thalys ou encore de la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Il est également considéré comme le cerveau des attaques déjouées en janvier à Verviers en Belgique. Les caméras de la RATP l'ont enregistré en train de s'engouffrer dans le métro, ligne 9, à la station Croix-de-Chavaux (Montreuil) le soir des attentats. C'est près de là que la Seat qui a servi au "commando des terrasses" a été retrouvée, laissant penser qu'il faisait partie de ce groupe.

Hasna Ait Boulahcen  Sur sa page Facebook, elle disait vouloir partir en Syrie et chantait les louanges de Hayat Boumeddiene , la compagne d'Amedy Coulibaly. Celle qui se présente comme la cousine de Abaaoud ne s'est pas fait exploser au cours de l'opération du Raid comme cela a été dit (ici aussi) dans un premier temps. Hasna avait grandi en région parisienne. Ses voisins se souviennent d’une "femme extravertie qui portait de grands chapeaux de cow-boys et ne s’interdisait pas de fumer des cigarettes et boire de l’alcool". Son frère, interrogé  par le Daily Mail , évoque une femme qui "n'était pas intéressée par la religion" et "qui n'avait pas lu le Coran". Une description qui ne colle pas le moins du monde avec la page Facebook de la jeune femme, consultée par  le journal belge DH.be  avant sa suppression, et où s’étalait le profil d’une "obsédée du djihad". Hasna apparaissait en photo, vêtue d’un niqab, armes de guerre à la main et disait vouloir partir en Syrie.

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Chakib Akrouh Le troisième terroriste caché dans l'appartement de Saint-Denis a été identifié après deux mois d'enquête, grâce à son profil génétique. Né en Belgique le 27 août 1990, l'homme était Belgo-Marocain. Il s'est fait exploser lors de l'assaut de Raid le 18 novembre. Les enquêteurs pensent que ce kamikaze a participé aux attaques du 13 novembre contre des terrasses de cafés et restaurants parisien : son ADN a été retrouvé sur une des trois kalachnikovs laissées dans la Seat abandonnée à Montreuil, au nord-est de Paris, après avoir été utilisée par le commando qui a assassiné 39 personnes installées aux terrasses de bars et restaurants de l'est parisien (Xe et XIe arrondissements).

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 Les complices présumés
Autour des quatre équipes, gravitent des hommes qui pourraient être liés de près ou de loin aux attaques.

Mohamed Amri et Hamza Attou  Ces deux hommes ont été mis en examen par la police belge du chef d’attentat terroriste et participation aux activités d’un groupe terroriste lundi. Ils ont "exfiltré" Salah Abdeslam de Paris à Molenbeek (Belgique) la nuit des attentats. S'ils assurent n'avoir "rien à voir" avec les attaques, les enquêteurs s'interrogent sur leur rôle, notamment après avoir retrouvé chez eux des munitions et du nitrate d'ammonium. Du matériel qui aurait pu servir, selon la presse belge, à charger les kalachnikov et à fabriquer les ceintures d'explosif.

Ahmad al-Mohammad ⇒ Il a été le premier mort des attentats du 13 novembre en se faisant exploser aux alentours du stade de France. Un passeport syrien au nom d'Ahmad al-Mohammad, 25 ans, a notamment été retrouvé à proximité du stade de France. L'authenticité de ce passeport "reste à vérifier" mais les empreintes du kamikaze concordent avec "celles relevées lors d'un contrôle en Grèce en octobre 2015", précise le procureur.

 La "voix" des revendications 
Fabien Clain ⇒ Agé de 37 ans, vétéran de la mouvance jihadiste toulousaine a été identifié comme la voix dans l'enregistrement de Daech revendiquant les attentats.

EN SAVOIR + 
>>  Qui est Fabien Clain, la "voix" de la revendication des attentats ? >>  Notre dossier complet consacré aux attentats de Paris

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