Le ministère de l’intérieur a-t-il vraiment diffusé une fausse photo de Reda Kriket ?

FAITS DIVERS

IMBROGLIO - Les médias ont diffusé une fausse photo de Reda Kriket après son interpellation. "Le Petit Journal", qui révèle cette erreur, accuse le ministère de l’Intérieur d’avoir transmis cette image à la presse. Metronews vous explique pourquoi la réalité est plus complexe.

Sa photo a été diffusée dans de nombreux médias. Surtout, elle a été assimilée à une affaire terroriste. Pourtant, cet homme n’est pas Reda Kriket. Et est encore moins lié à une entreprise terroriste. L’émission de Canal+, Le Petit Journal, annonce révéler dans son édition de jeudi soir "l’erreur du ministère de l’Intérieur sur la photo de Reda Kriket". Photo à l’appui, Yann Barthès indique que la première photo en couleur diffusée dans les médias n’est pas celle de l’homme interpellé jeudi 24 mars à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Et qu’il ne s’agit pas de Reda Kriket. Comment les médias ont-ils pu diffuser une mauvaise photo ? Eléments de réponse.

La DGSI se rend compte rapidement de son erreur

Tout commence en janvier dernier. La DGSI demande à la direction générale de la police nationale (DGPN) de créer une circulaire de recherche concernant Reda Kriket. Inscrit au fichier des personnes recherchées (FPR), cet individu est présenté comme "dangereux" et "susceptible de se déplacer avec une arme". Sa description fait alors l’objet d’une diffusion nationale urgente à l’ensemble des services de police et de gendarmerie dans le cadre du fichier SARBACANE .

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Rapidement - "quelques jours seulement", nous assure une source policière  - la DGSI se rend compte de son erreur : l'homme présenté sur la photo n'est pas Reda Kriket. Dans cette première mouture, envoyée en interne dans les commissariats et les brigades de gendarmerie, la photo accolée au nom de Reda Kriket n’est pas la bonne. "Une deuxième version est alors transmise. Le document a été modifié avec la bonne image, en noir et blanc", nous explique un haut fonctionnaire de la Place Beauvau ce vendredi.

Ce n'est pas une transmission officielle

Sauf qu’entre-temps, la V1 de la circulaire de recherche de Reda Kriket s’est retrouvée... entre les mains de journalistes. Non pas transmise officiellement par le "ministère de l’Intérieur", comme le laisse croire le Petit Journal , mais via des "fuites" de fonctionnaires de police, comme cela est régulièrement le cas pour ce type d’avis de recherche transmis en interne.

Au soir de l’interpellation de Reda Kriket, lorsque des journalistes acquièrent la certitude de son identité, cette première version de la circulaire est alors diffusée par les médias qui l’avaient déjà en leur possession. Sauf qu’entre-temps, évidemment, la photo a été changée avec, cette fois-ci, le bon visage de Rida Kriket. Depuis, la mauvaise photo a été retirée de l'agence de presse SIPA et de la plupart des médias. Il s'agit bien d'un homme figurant dans les fichiers de police actuels mais qui n'a strictement rien à voir avec une filière djihadiste.

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