Le procès des exorcistes de l'Essonne en appel

FAITS DIVERS

JUSTICE - Quatre personnes, qui avaient séquestré une jeune femme qu'il estimaient possédée, sont jugées en appel à partir de vendredi devant les assises de Seine-Saint-Denis. Pour la "libérer du démon", ils l'avaient ligotée dans la position du Christ en croix durant une semaine.

Elle va revivre les sévices infligés dans cet appartement de la cité de la Grande borne à Grigny (Essonne). Antoinette, 22 ans, doit de nouveau faire face vendredi à ses bourreaux, jugés en appel devant les assises de Seine-Saint-Denis pour son "enlèvement" et sa "séquestration avec actes de torture et de barbarie" . "Une épreuve traumatique qu'appréhende cette jeune femme discrète et encore très fragile", nous glisse son avocate, Me Florence Robert.

Position du Christ

Les accusés, trois hommes et une femme originaires des Antilles, qui se revendiquent de l'Église adventiste du 7e jour, un mouvement évangélique de quelque 13.000 membres en France, avaient expliqué lors du premier procès avoir voulu "la libérer du démon". Antoinette avait raconté le "lavage de cerveau" subi après sa rencontre avec le petit groupe quand elle avait 16 ans. "Dans ma tête, Eric, (considéré comme le leader spirituel, ndlr), c'était Dieu. Il disait que j'étais investie d'une grande mission, que Dieu avait besoin de moi". Mais un soir de mai 2011, persuadé que leur amie était possédée par le diable, le petit groupe avait décidé de l'exorciser.

Antoinette avait été ligotée dans la position du Christ en croix sur un matelas posé à même le sol. "Durant une semaine, ils l'ont privé d'eau, de nourriture, de soins", détaille son avocate. C'est son père, qui avait fini par retrouver sa trace et avait donné l'alerte. La police avait alors découvert la jeune victime scarifiée, en état de choc, et d'une maigreur extrême. En première instance, la cour avait retenu la séquestration mais pas les actes de torture. Les quatre accusés, dont la défense n'avait pu être jointe ce jour, avaient été condamnés à 8 et 12 ans de prison. Ils encourent aujourd'hui la perpétuité.
 

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