Le tueur et violeur présumé de Léa, au Nouvel An 2011 à Montpellier, enfin jugé

Le tueur et violeur présumé de Léa, au Nouvel An 2011 à Montpellier, enfin jugé

PROCÈS - Gérald Seureau, 28 ans, comparaît à partir de lundi et jusqu'à vendredi devant la cour d'assises de l'Hérault pour le viol et le meurtre de Léa, lycéenne de 17 ans, le 1er janvier 2011 à Montpellier. Le procès, qui devait se tenir début 2012, a sans cesse été retardé par les procédures des avocats de la défense.

Quatre ans que les proches attendent ce procès, qu'ils se battent pour que justice soit rendue. A partir de ce lundi et pendant cinq jours, ils seront donc nombreux à se masser dans l'enceinte de la cour d’assises de l'Hérault, où sera jugé Gérald Seureau, 24 ans, violeur et meurtrier présumé de Léa, 17 ans, le 1er janvier 2011 à Montpellier.

Le jeune homme, qui était passé aux aveux le jour même du drame, a failli échapper à la justice après la promulgation, le 14 avril 2011, de la loi relative à la garde à vue exigeant la présence d'un avocat pendant les interrogatoires. La défense de Gérald Seureau avait alors invoqué la rétroactivité du texte pour faire annuler les trois procès-verbaux dressés par la police judiciaire. Mais malgré sept recours déposés par la défense, le suspect sera finalement jugé pour un crime particulièrement sordide.

Du flirt au meurtre

Ce 31 décembre 2010, tout avait pourtant bien commencé dans cette maison du quartier du Plan-des-Quatre-Seigneurs, à Montpellier dans l'Hérault. Une vingtaine de jeunes s'y sont retrouvés pour fêter la nouvelle année. Léa et Gérald, qui s'étaient déjà croisés quelques mois plus tôt dans un bar, flirtent ensemble sans se cacher des regards. Tout au long de la soirée, les convives boivent beaucoup, fument et prennent des amphétamines. Puis à 6 heures du matin, Gérald et Léa quittent les lieux ensemble.

Inquiets de l'absence de leur fille, les parents de la lycéenne signalent au bout de quelques heures sa disparition à la police. Après que des témoins ont affirmé qu'il avait été la dernière personne vue avec l'adolescente, Gérald se rend de lui-même au commissariat le 1er janvier. Dans une première version aux enquêteurs, il dit être parti avec elle en ville, et l'y avoir perdue. "Alors qu'il s'apprêtait à signer sa déposition, les enquêteurs ont remarqué qu'il avait une main tuméfiée et griffée. Dans le même temps, un autre témoin s'est manifesté, indiquant avoir vu Gérald sortir du bois vers 14 heures, les habits couverts de sang", raconte Anne Defontenay, porte-parole du collectif Léa : droit à un procès équitable .

Les auditions reprennent alors, et Gérald finit par reconnaître les faits. "Il s'est effondré, il a tout raconté en détail, comment il a agressé sexuellement Léa avant de la frapper à plusieurs reprises. De l'interrogatoire, on est passé à la garde à vue, sans avocat. Gérald a alors dit qu'il ne savait pas si Léa était morte ou non. Alors tout le monde est parti sur place pour tenter de la retrouver et de la sauver", poursuit Anne Defontenay. Malheureusement, il est trop tard. Léa est morte, depuis longtemps déjà… Son corps dénudé est au sol, la jeune femme a la tête enfouie dans la terre, elle porte des traces de coups et de strangulation.

Pour une panne d'érection il a pété les plombs

Si les aveux de Gérald Seureau ne pourront être pris en considération à l'audience, la découverte du corps, l'ADN du suspect, sa gourmette retrouvée sur place sont autant d'éléments dont se serviront les parties civiles pour obtenir une peine que la famille veut "maximale".

Quant aux motivations de l'accusé, Gérald Seureau a évoqué au cours des premiers interrogatoires une panne sexuelle qui l'a rendu fou. "Il a pété les plombs parce qu'il n'avait pas d'érection. Il a d'abord mis un coup de poing à Léa avant de la tabasser. Il dit qu'il était déconnecté… L'alcool, la drogue et sa personnalité sombre ont fait le reste, souligne Anne Defontenay. Ensuite, pendant les reconstitutions, Gérald Seureau est tombé dans le déni, il a dit qu'il ne se souvenait de rien. Puis il y a eu cette loi rétroactive. Et maintenant, il garde le silence."

Gérald Seureau encourt la réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté de vingt-deux ans. Le verdict est attendu vendredi.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Éric Zemmour : immigration, retraite, natalité... ses arguments passés au crible

Présidentielle 2022 : Eric Zemmour remet en cause les limitations de vitesse et veut supprimer le permis à points

EN DIRECT - Présidentielle 2022 : "Du point de vue des idées, Zemmour c'est l'apogée du n'importe quoi", dénonce Castaner

REVIVEZ - OM-PSG : malgré deux buts refusés et un carton rouge, Marseille et Paris se quittent dos à dos dans ce "Classique"

VIDÉO - "Sept à Huit" : les confidences d'Amel Bent sur sa douloureuse maternité

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.