L'énigmatique itinéraire parisien de Salah Abdeslam

L'énigmatique itinéraire parisien de Salah Abdeslam

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CAVALE - Activement recherché, le terroriste présumé a traversé Paris à deux reprises au soir des attaques de Paris. Une ceinture d’explosifs a été retrouvée lundi à Montrouge, non loin d’une zone où l’homme a circulé ce soir-là.

On ignore où il est. Tout comme ce qu’il a précisément fait. Mais les éléments à charge continuent de s’accumuler contre Salah Abdeslam. Dernier rebondissement en date, la découverte lundi d’une ceinture d’explosifs sous des encombrants, dans une rue paisible de Montrouge (Hauts-de-Seine) où son portable a pu être localisé dans la nuit des attentats. Onze jours après les évènements, Salah Abdeslam reste toujours introuvable malgré un mandat d’arrêt international émis à son encontre. Que sait-on sur son parcours vers la cavale au soir des attentats ? Metronews fait le point.

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Seule certitude : son rôle de logisticien
A minima, Salah Abdeslam a joué un rôle de logisticien dans la préparation des attentats de Paris. C’est aujourd’hui l’une des seules certitudes qui ressort de l’enquête. L’homme a loué en Belgique deux des trois voitures utilisées par les terroristes le soir des attaques : la Seat noire utilisée par le commando des terrasses et la Clio noire découverte le 17 novembre dernier dans le 18e arrondissement. C’est aussi lui qui a loué deux chambres du 11 au 17 novembre dans une résidence hôtelière d’Alfortville, dans le Val-de-Marne, qui a servi de planque aux trois membres du commando du Bataclan.

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Une présence troublante dans le 18e arrondissement
Le soir des attentats, c’est dans le 18e arrondissement que Salah Abdeslam achète une puce téléphonique qu’il active immédiatement, à 22h30, afin de passer une série de coups de fils à deux connaissances en Belgique. Une demi-heure plus tôt, dans cette même zone, à l’extrême nord de Paris, la Clio noire vient se garer place Albert-Khan, en arrivant par la porte de Clignancourt. Si des traces ADN de Salah sont isolées dans le véhicule, ses occupants à ce moment-là n’ont pour l’instant pas pu être identifiés.

A ce stade des investigations, l’une des hypothèses privilégiées par les enquêteurs est que Salah Abdeslam aurait convoyé les trois kamikazes qui se sont fait exploser tout près (à moins de 5 kilomètres), au Stade de France entre 21h20 et 21h53. Devait-il ensuite frapper dans le 18e ? C’est ce que peut laisser penser le communiqué de revendication des attaques au nom de l’Etat islamique qui évoque un attentat dans cet arrondissement, pourtant épargné.

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Du nord au sud, sa trace retrouvée à Montrouge
On retrouve ensuite la trace de Salah Abdeslam à l’autre bout de Paris, à Montrouge, au sud de la capitale. C’est là que son portable borne une seconde fois, à 23h17. Puis le mobile se signale une dizaine de minutes plus tard, à Bagneux et enfin entre 00h16 et 05h27, allée Vauban, sur le parking d’un ensemble d’immeubles. Ces trois communes limitrophes se rencontrent autour d’un seul et même point : le métro Chatillon-Montrouge, sur la ligne 13 du métro parisien. C’est à deux pas de cette station qu’a été retrouvée mardi, soit dix jours plus tard, une ceinture d’explosifs.

Salah Abdeslam devait-il frapper dans le 18e arrondissement en actionnant une ceinture d’explosif ? Dans cette hypothèse, celui-ci pourrait avoir fait machine arrière, ou simplement avoir connu une défaillance de son dispositif. A-t-il téléphoné à un complice qui lui aurait permis d’ôter ce dispositif sensible à Montrouge ? On l’ignore encore, mais de la place Albert Khan à Montrouge, le trajet prend 46 minutes en métro. Reste également à comprendre pourquoi cette ceinture n’est retrouvée seulement que 10 jours plus tard.

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Du sud au nord, pour une exfiltration vers la Belgique
Du 18e à Montrouge, de Montrouge au 18e. Lorsque Salah Abdeslam appelle ses deux amis en Belgique, il leur demande de venir le récupérer à Paris pour l’emmener en Belgique. Les deux hommes s’exécutent et récupèrent le terroriste présumé au petit matin, dans le nord de Paris, selon leurs déclarations, dans le quartier de Barbes, au nord de Paris.

Sur le trajet du retour, le trio est contrôlé par la gendarmerie sur l’autoroute A2, au niveau de Cambrai, dans le Nord, à une centaine de kilomètres de Bruxelles. L’un d’entre eux présente des papiers au nom de Salah Abdeslam. Ce dernier n’est alors pas encore identifié comme l’un des terroristes présumés et le trio est invité à poursuivre sa route. Les deux complices présumés, finalement interpellés en Belgique, expliqueront avoir retrouvé Salah "en état de choc". Les deux hommes ont été inculpés et écroués. Quant à Salah Abdeslam, il s’est depuis évaporé dans la nature.

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