Les accusés de l'affaire Alexandre Junca - Mickaël Baehrel, l'ultra violent

FAITS DIVERS
JUSTICE – Cinq ans après la découverte du corps démembré d’Alexandre Junca, 13 ans, quatre personnes comparaissent devant les assises de Pau à partir de mardi. Mickaël Baehrel et Christophe Camy sont jugés pour l’avoir frappé à mort, Fatima Ennajah pour ne pas avoir dénoncé le crime et caché le corps, Claude Ducos pour l’avoir démembré. Metronews revient sur le parcours de chaque accusé...

Dans les premières heures, les policiers pensent à une fugue. Ses proches, eux, n’y croient pas. Les heures défilent, les jours… Un avis de recherche et des moyens considérables sont lancés pour retrouver Alexandre Junca, 13 ans, disparu le 4 juin 2011 au soir, à Pau. Il est filmé pour la dernière fois alors qu'il roule à vélo par des caméras de vidéosurveillance du centre-ville. Trois semaines plus tard, un fémur est découvert dans la rivière du Gave. Les analyses confirment l’indicible : l'os appartient à l’enfant. Les restes du corps seront retrouvés en octobre. Plus de soixante enquêteurs vont être mobilisés sur l’affaire. Un travail long et complexe qui finira par payer. Cinq après la disparition d’Alexandre Junca, quatre personnes seront jugées devant la cour d’assises de Pau à partir de mardi. Deux sont accusées d’avoir tué à coups de marteau Alexandre pour lui voler son portable. Une autre d’avoir caché le corps et le dernier, de l’avoir démembré pour s’en débarrasser.

 Mickaël Baehrel, impulsif et violent
Il est l’auteur présumé des coups mortels. Mickaël Baehrel avait 25 ans au moment des faits. Le 4 juin 2011, ce jeune en perdition traîne dans les rues de Pau. Il a "la rage", dira-t-il aux enquêteurs. Parce qu’il est persuadé que Fatima Ennajah, avec laquelle il forme un couple paumé et violent, le trompe. Parce que, surtout, cet homme impulsif et colérique est habité depuis longtemps par la violence. Mickaël Baehrel a écumé les foyers d’urgence et les condamnations, notamment pour des vols aggravés. Natif de Normandie, il a été élevé par son père après le départ de sa mère qu’il ne reverra plus à partir de l’âge de 10 ans. Il suit un CAP de carrossier peintre qu’il n’obtiendra pas.

"Les troubles de sa personnalité ont été majorés par des conduites addictives, principalement une alcoolisation habituelle", notent les experts qui le cataloguent "dangereux" mais ne décèlent en revanche aucun trouble psychique chez cet accusé à "l’intelligence de normalité faible". C’est pourtant lui qui serait le leader de la petite bande de marginaux avec qui il traîne. En pleine dérive au moment des faits, Mickaël Bahrel ne sort jamais sans son marteau. En garde à vue, il a reconnu avoir frappé Alexandre avec, après que Christophe Camy a volé son portable. Il s’est ensuite acharné sur l’enfant à coups de poing avant de transporter son corps dans la cave de sa compagne, aidé par un SDF. Ce dernier ne sera pas inquiété par la justice, il est mort en 2012. L'accusé ne semble pas exprimer de regret. 

Il soutient en revanche qu’il n’a pas démembré le corps. Selon ses déclarations, il aurait demandé de l’aide à Claude Ducos, un chasseur de 72 ans avec qui il entretenait des relations sexuelles tarifées. Ce retraité qui habite un petit village dans le Béarn aurait transporté le cadavre chez lui et l’aurait découpé. Ensemble, ils auraient ensuite dissimulé les morceaux dans une digue le long du Gave. Ce n’est qu’un an après la disparition d’Alexandre Junca que les enquêteurs remonteront jusqu’à la piste Mickaël Baehrel. Dans le registre de condoléances ouvert à la mairie de Pau après les obsèques, la mère de la victime remarque un message étrange (voir ci-dessous). "Je connais ce qui est arrivé (…) ce connard qui t’a fait ça est sous terre". Signé "Mike, SDF". Les enquêteurs concentrent alors leurs investigations sur les marginaux de la ville. L’un d’eux s’appelle Mickaël Baehrel et il dort en prison pour avoir frappé un autre marginal… avec un marteau. Cette fois, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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