Les familles des victimes de Millas en colère : le préfet s'engage à les recevoir

COLÈRE - Des parents de victimes de la collision de Millas ont pris la parole pour fustiger la façon dont ils ont été pris en charge dans les heures suivant le drame et exigent des excuses.

"Pas de soutien psychologique, personne ne nous suit. [...] C'est inhumain, c'est inadmissible". Neuf jours après l'accident mortel de Millas, la collision entre un TER et un bus scolaire faisant six morts, la tristesse laisse une place à la colère. Certains parents de victimes ont dénoncé, samedi 23 décembre le défaut accompagnement dont ils ont fait l'objet.

"Vous imaginez ce qu'on peut ressentir ?"

D'abord au moment de l'annonce du drame, une nouvelle annoncée après des heures d'attentes, de façon "brutale, sans compassion", jugent deux parents au micro de France Info. Les mêmes regrettent ainsi que le collège de leur fils leur ait, malgré le drame, envoyé un SMS pour leur notifier l'absence de leur fils  : "J'ai reçu un texto qui me disait : 'Votre fils Loïc est absent du collège.' Vous imaginez ce qu'on peut ressentir ?" Un message envoyé automatiquement en cas d'absence, les autorités scolaires n'ayant probablement pas songé à désactivé la procédure. Le lendemain, rebelote, avec, cette fois, l'envoi du bulletin scolaire d'un des collégiens disparus.


A LCI, d'autres parents se sont plaints du manque d'empathie dont ils ont été l'objet au moment où ils ont appris le drame : "On nous a annoncé la mort de Yonas comme on annoncerait qu'un chien a été écrasé. Le directeur de l'hôpital était froid comme du marbre", a ainsi regretté sa grand-mère. "Ces familles sont restées dans des salles pendant 8h à 9h. Personne n'a essayé de leur expliquer ce qui allait se passer, comment allait se dérouler la procédure", a indiqué Jehanne Collard, avocate de 3 des familles de victimes. "Aucune prise en charge réelle n'a eu lieu pour ces parents." 

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VIDÉO - Accident de Millas : récit d'une collision mortelle

"Je veux des excuses"

Les deux parents, qui regrettent également l'organisation d'une réunion par le procureur, sur le temps du recueillement, réclament désormais des excuses de la part de l'Etat : "Je veux que le préfet nous reçoive [...]. Je veux des excuses", a expliqué le père. La collision de Millas s'est produite le 14 décembre en fin d'après-midi, un train TER entrant de plein fouet dans un car scolaire, occasionnant 6 morts. La conductrice du car, qui explique que les barrières du passage à niveau étaient ouvertes, au contraire de la SNCF, a été mise en examen pour homicides et blessures involontaires.


De son côté, le préfet des Pyrénées orientales Philippe Vignes a fait le dos rond devant la colère des familles. "Ce sont des questionnements légitimes, a-t-il déclaré sur BFM TV. Moi je suis là pour apporter les réponses. Je les apporterai aux familles, que j'ai pris l'engagement de recevoir, dans les prochains jours. Toute catastrophe avec des victimes est très lourde à porter. Pendant le temps du deuil, il peut y avoir ce type de colère".

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Collision mortelle entre un train et un bus scolaire à Millas

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