Les ossements de Maëlys découverts : 6 mois après, comment les enquêteurs espèrent "faire parler la scène"

ENQUÊTE - Mercredi 14 février, un os et un crâne étaient découverts près de Saint-Franc (Savoie), où Nordahl Lelandais avait caché le corps de Maëlys. Les recherches ont repris ce jeudi aboutissant à la découverte de la quasi-intégralité de la dépouille. Un travail minutieux et essentiel pour "faire parler la scène".

Après six mois de silence, Nordahl Lelandais a fini par parler. S’il n’a pas précisé les circonstances de la mort de Maëlys, tuée selon lui "involontairement", il a mené mercredi les gendarmes sur les lieux où il avait "abandonné" le corps. Au terme d’une journée éprouvante de recherches, les enquêteurs, appuyés par des chiens spécialisés dans la recherche de corps, ont fini par découvrir les premiers restes de l’enfant : un crâne et un os long. 


Suspendues mercredi soir, les recherches ont repris jeudi. La quasi-intégralité des ossements a finalement été retrouvée. Leur "analyse permettra sans doute de comprendre ce qui s’est passé. L’autopsie, même partielle, peut permettre d’établir si des coups ont été donnés ou un objet contondant utilisé", explique à LCI une source proche de l’enquête.

Travail de fourmi

Sur le terrain, d’importants moyens avaient été déployés : plus d’une dizaine de personnes de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale), composée notamment de généticiens, médecins légistes, d’experts en anthropologie, odontologie et entomologie, œuvrent "pour faire parler la scène". Même six mois après, ces  prélèvements (substrat, empreintes, microtraces… ) et l’analyse fine de l’environnement seront essentiels. "Ils permettront d’être confrontés aux déclarations de Nordahl Lelandais. Par exemple, savoir si la date de la dissimulation du corps qu’il donne est cohérente", poursuit notre source. 


C’est le travail de fourmi des enquêteurs qui a déjà permis de faire basculer l’enquête. Après une trace  ADN de Maëlys retrouvée sur le tableau de bord du véhicule du suspect et des images de caméra de surveillance filmées la nuit de sa disparition, une microgoutte de sang de la fillette découverte sous le tapis du coffre de sa voiture a été déterminante. Au lendemain du mariage, Nordahl Lelandais avait effectué un nettoyage chirurgical de son véhicule. Il avait notamment lavé le coffre avec un produit pour jantes qui pouvait perturber l’odorat des chiens. "Le sang n’était plus détectable. La voiture a alors été désossée dans sa totalité pour permettre notamment d’accéder à des zones qui sont difficiles d'accès et donc à nettoyer", explique une autre source. Une opération rare, longue et minutieuse, opérée pièce par pièce par les techniciens de la gendarmerie, et qui a porté ses fruits. 

Une trace de sang déterminante

L’avocat de Nordahl Lelandais a pris connaissance ces derniers jours de cet élément qui accablait son client. Acculé, l’homme de 34 ans qui jusque-là s’était muré dans ses dénégations a donc décidé de prendre les devants et de parler aux juges d’instruction mercredi. S’il a refusé de livrer les circonstances de la mort de Maelys, il a donc conduit les enquêteurs qui doutaient encore de sa crédibilité jusqu’au corps dans un secteur escarpé de Savoie, près des villages de Saint-Franc et Attignat-Oncin. 

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