Manifs contre la "loi Travail": 48 plaintes et 22 signalements à l’IGPN pour des "violences policières"

FAITS DIVERS
POLICE - Depuis le début de la contestation contre la loi Travail, la "police des polices" a été saisie de 48 plaintes et 22 signalements de manifestants se disant victimes de "violences policières". Paris, Nantes et Rennes sont les villes les plus touchées. A l'issue de l'épisode de manifestations, l'IGPN proposera des pistes pour faire évoluer le maintien de l'ordre.

Un effort notable de transparence. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) n’a pas dérogé à la présentation de son bilan annuel devant la presse, désormais une habitude depuis quatre ans. Et ce, malgré le contexte défavorable marqué par un maintien de l’ordre de plus en plus musclé pendant les manifestations anti-loi Travail. La "police des polices" a annoncé avoir été saisie de 48 plaintes et de 22 signalements sur sa plateforme en ligne par des manifestants dénonçant des "violences policières" depuis le début de la contestation sociale contre la "loi Travail".

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La patronne de l’IGPN, Marie-France Moneger a relativisé, ce lundi 6 juin, ces chiffres, les comparant aux "1500 manifestations et 14 journées nationales d’action sur le territoire". Si elle reconnaît que le maintien de l’ordre est "assez violent", les conditions des manifestations ne sont pas nouvelles pour les forces de l’ordre. Si ce n’est "la multiplication des caméras et la mise en direct des images sur les réseaux sociaux". Ce qui, concède-t-elle, peut être "déstabilisant" pour les services de police.

Engins incendiaires et bouteilles d'acide

Parmi les régions les plus touchées par ces plaintes et signalements, figurent la capitale, Paris, et le grand Ouest avec les villes de Rennes et de Nantes. Des lieux d’affrontements où la violence est aussi montée d’un cran côté manifestants où de engins incendiaires et des bouteilles d’acide sont régulièrement jetées sur les forces de l’ordre.

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Il faudra attendre l’année prochaine pour connaître les conclusions des enquêtes ouvertes à l’encontre des policiers, suspectés de violences. Au vu de ces conclusions, l’IGPN rendra des préconisations pour adapter et faire évoluer les doctrines d’emploi du maintien de l’ordre, une spécialité française que nombre d’observateurs estiment en perte de vitesse.

Le flashball bientôt abandonné définitivement

D'ores et déjà, le flashball est en train de disparaître des armureries de la police. Considéré comme trop imprécis, il sera d’ici à la fin de l’année mis définitivement de côté. Mais il sera remplacé par le lanceur de balles de défense (LBD) 40mm, une arme de force intermédiaire à la visée plus fiable. En 2015, le recours au LBD a augmenté de 15%. Une arme qui a continué de mutiler. "La doctrine d’emploi recommande de ne pas tirer à hauteur du visage. Le risque est bien inférieur au flashball", justifie-t-on.

Une chose est sûre, les directions de la police nationale se sont accordées sur le principe d’un audit du maintien de l’ordre, une fois l’épisode de contestation sociale passé. L’IGPN, qui scrute de près les pratiques policières et ses dérives, formulera des pistes de réforme. Reste à savoir si sa directrice, dont la mission est de préserver l’intégrité de la "maison police", sera entendue. Et surtout si ses préconisations seront appliquées, quelques mois seulement avant l’élection présidentielle de 2017.

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