"Mariages chinois" : deux ans de prison avec sursis requis contre Lise Han

FAITS DIVERS
JUSTICE – Au dernier jour du procès, le procureur a réclamé deux ans de prison avec sursis contre Lise Han, principale accusée de l'affaire des "mariages chinois" à Tours, tout en présentant l'ancien maire de la ville, Jean Germain, qui s'est suicidé, comme "un commandeur" au centre de l'affaire. Le tribunal a annoncé qu'il rendra son jugement le 7 janvier prochain.

Le rappel des faits
Six mois après le suicide de l'ancien maire de Tours, Jean Germain, le procès de l'affaire des "mariages chinois" a débuté ce mardi 13 octobre. L'affaire des "mariages chinois" tire son origine dans l'organisation entre 2007 et 2011 de "Noces romantiques en Touraine". Celles-ci comprenaient des visites de châteaux de la Loire, ainsi que de la ville de Tours dont le maire posait pour la photo au côté de couples chinois. L'organisation de ces "mariages" était pilotée par une société dont Lise Han embauchée en 2008 au cabinet du maire Jean Germain, puis par la société d'économie mixte (SEM) en charge du tourisme tourangeau. La principale accusée continuait de tirer les ficelles en sous-main après avoir démissionné officiellement de ses fonctions.

Lise Han, la principale accusée
Le procureur de la République, Jean-Luc Beck, a réclamé deux ans de prison avec sursis contre Mme Han. Disant vouloir privilégier l'indemnisation des collectivités locales victimes des détournements plutôt qu'une peine de prison, il a assorti le sursis d'une obligation de remboursement des sommes détournées, ainsi que d'une interdiction de sortie du territoire et de gérer une société. Le procureur a souligné les "joyeux montages" destinés à garantir les marchés à la société Time de Lise Han. "Où sont passés les 800.000 euros" versés à la société Time ? s'est exclamé Jean-Luc Beck. "Pas en France, ça c'est sûr", a-t-il lui-même répondu, en évoquant des virements vers des comptes bancaires à Taïwan. L'avocat de Lise Han, Me Gérard Chautemps a demandé en conséquence au tribunal de s'en tenir à une peine d'amende, voire "d'entrer en relaxe car Madame Han a déjà suffisamment souffert".

Jean Germain, l'ancien maire de Tours
Le procureur a "regretté l'absence de Jean Germain", l'ex-sénateur-maire PS, qui s'est suicidé le 7 avril dernier, à l'heure où devait s'ouvrir le procès. Dans un sévère réquisitoire, le magistrat a décrit "un panier de crabes, avec un commandeur aujourd'hui décédé, des conseillers, des jaloux, des courtisans, une favorite..." Jean Germain "ne relève plus de la juridiction des hommes", a-t-il souligné, en rappelant que l'ancien maire avait été convoqué devant la justice parce qu'il était "un des personnages centraux de cette affaire" de prise illégale d'intérêt, détournement de fonds publics et escroquerie. Evoquant la "relation intime" de l'ex-maire avec Lise Han, la principale accusée, le procureur a estimé que "certaines réactions de Jean Germain sont inexplicables sans faire référence à certains aspects de sa vie privée".

À LIRE AUSSI
>> Mariages chinois fictifs : Jean Germain devait comparaître le 7 avril

>> "Soyez sûrs que je n'ai pas détourné un centime" : ce que dit Jean Germain dans la lettre
>> Qui était Jean Germain, l'ex maire de Tours retrouvé mort ?

Lire et commenter