Mariages chinois fictifs : le procès, six mois après le suicide de Jean Germain

Mariages chinois fictifs : le procès, six mois après le suicide de Jean Germain

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JUSTICE - Six mois après le suicide de l'ancien maire de Tours, Jean Germain, le procès de l'affaire des "mariages chinois" débute ce mardi 13 octobre. L'ombre de l'édile, qui n'avait pas supporté sa mise en cause dans cette affaire, planera sur le tribunal correctionnel.

Le procès devait avoir lieu le 7 avril. C'est précisément ce jour qu'avait choisi Jean Germain, l'ancien maire de Tours, pour se suicider au moyen d'un fusil de chasse, laissant ses concitoyens sous le choc. Plus de six mois après, le jugement de l'affaire dite des "mariages chinois" débute au tribunal correctionnel de Tours, dans l'ombre de l'édile, qui n'avait pas supporté d'être mis en cause.

L'affaire des "mariages chinois" tire son origine dans l'organisation entre 2007 et 2011 de "Noces romantiques en Touraine". Celles-ci comprenaient des visites de châteaux de la Loire, ainsi que de la ville de Tours dont le maire, ceint de son écharpe tricolore, posait pour la photo au côté de couples chinois qui venaient de renouveler symboliquement leurs vœux devant lui.

"Leur conscience les poursuivra"

L'organisation de ces "mariages" était pilotée par une société dont Lise Han – une des prévenues –, embauchée en 2008 au cabinet du maire Jean Germain, puis par la société d'économie mixte (SEM) en charge du tourisme tourangeau, continuait de tirer les ficelles en sous-main après avoir démissionné officiellement de ses fonctions dirigeantes. Originaire de Taïwan, elle était donc la gérante de fait de cette société, selon les magistrats instructeurs, qui l'ont mise en examen le 25 janvier 2013 pour "escroquerie", "prise illégale d'intérêt" et "recel de fonds publics".

Le 30 octobre 2013, Jean Germain avait à son tour été mis en examen des chefs de "complicité de prise illégale d'intérêts et de détournement de fonds publics". Il devait échouer ensuite aux dernières élections municipales, alors qu'il briguait un quatrième mandat. Dans la lettre d'adieu écrite avant de se tuer, Jean Germain a jeté l'anathème sur "les actions de Mme Han et les mensonges peureux de M. (Jean-François) Lemarchand", le directeur de la SEM qui a recruté Mme Han après qu'elle eut été remerciée par le maire de Tours. "Leur conscience les poursuivra", avait-il prédit. Ces derniers comparaissent à partir de mardi.

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