Melun : comment l'avocat a-t-il pu entrer dans le tribunal avec une arme ?

Melun : comment l'avocat a-t-il pu entrer dans le tribunal avec une arme ?

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FAIT DIVERS - Ce jeudi matin Joseph Scipilliti, avocat de profession, a réussi à entrer dans le TGI de Melun avec une arme à feu. Au regard du dispositif de contrôle installé à l'entrée de chaque tribunal de France, comment une telle chose a-t-elle pu arriver ?

Après le drame, les questions. Vous êtes nombreux, dans les commentaires, à vous demander comment Me Joseph Scipilliti, accusé d'avoir grièvement blessé par balles ce jeudi matin le bâtonnier de Melun Henrique Vannier avant de suicider, a pu réussir à entrer dans le Tribunal de grande instance (TGI) avec une arme, sachant que le bâtiment est équipé d'un dispositif de contrôle à l'entrée.

Prévenus, journalistes, visiteurs... Pour entrer dans un tribunal, chacun a pourtant l'obligation de passer sous un portique de détecteur de métaux, gardé en permanence par au moins un agent de sécurité, qui peut décider d'une fouille. Certains tribunaux sont également équipés d'un détecteur à rayons X, où le visiteur est invité à déposer son sac.

Comme avocat, Joseph Scipilliti n'a pas été fouillé

Mais l'avocat, lui, échappe à cette règle. Dans tous les tribunaux de France, les hommes et femmes de loi dont l'identité est connue - et c'était le cas pour Joseph Scipilliti, affilié au barreau de Melun, n'ont pas à être contrôlés à l'entrée d'un tribunal. Le procureur de Melun a ainsi confirmé ce jeudi après-midi que "compte tenu de son statut d'auxiliaire de justice", le tireur n'avait pas été soumis aux mesures de sûreté.

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Un "passe-droit" dont Christine Taubira a admis, sur BFMTV, qu'il "est une question sensible". En préambule, la garde des Sceaux a précisé avoir déployé tous les moyens recommandés pour la sécurisation des sites judiciaires. "Dans le cadre du plan antiterroriste, nous avons délégué 12,1 millions d'euros de crédit pour la sécurité des sites judiciaires (...) conformément aux préconisations de Vigipirate" et à Melun, "nous avons délégué la totalité des crédits qui avaient été demandés", pour un montant de 62.000 euros, a-t-elle déclaré.

Mais au regard des dramatiques évènements de ce jeudi matin, la question se pose : toute personne qui accède à une juridiction ne devrait-elle pas être automatiquement contrôlée ? Fut-elle avocate ? Des discussions vont être menées, a assuré la ministre de la Justice. "C'est avec les instances nationales de cette profession libérale que nous allons réfléchir. Il leur revient de dire s'ils considèrent qu'en toutes circonstances, tout avocat, même identifié, doit faire l'objet d'un contrôle", a-t-elle poursuivi. Le ministère n'aurait-il pas son mot à dire, également ?

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