Meurtre à l’hôtel Bristol : le businessman Ian Griffin rejugé pour la mort de sa compagne

FAITS DIVERS

PROCES – La cour d’assises de Paris l’avait condamné à 20 ans de prison en 2014 pour le meurtre de Kinga Wolf, femme d'affaires d'origine polonaise retrouvée morte le 26 août 2009 dans une chambre du célèbre Hôtel Bristol. Le Britannique Ian Griffin, qui a fait appel, comparaît à partir de ce lundi et jusqu’au 11 avril devant la cour d’assises d’Evry (Essonne).

C’est dans la chambre 503 du palace Parisien du VIIIe arrondissement de Paris, le 26 mai 2009, qu’un agent de sécurité avait fait la macabre découverte. En poussant la porte sur laquelle avait été posée la pancarte "Do not disturb", l’employé de l’hôtel Bristol était tombé sur une pièce sens dessus dessous, maculée de sang. Un peu plus loin, dans la salle de bain, il avait retrouvé, immergé dans la baignoire et couvert d’une centaine de traces de coups, le corps sans vie d’une jeune femme. La cliente décédée s’appelait Kinga Wolf. Femme d’affaires polonaise âgée de 36 ans, elle était arrivée quelques jours plus tôt avec son compagnon, mystérieusement disparu avant la découverte du corps.

Interpellé six jours plus tard en Angleterre, Ian Griffin, le meurtrier présumé alors âgé de 45 ans, a été jugé pour ces faits en décembre 2014 par la cour d’assises de Paris. Il avait été condamné à vingt ans de réclusion. Le jury l'avait reconnu responsable de ses actes malgré une altération de son discernement. La défense avait, elle, plaidé l'abolition de ce discernement, donc l'irresponsabilité pénale, arguant du fait que Ian Griffin disait ne se souvenir d'aucun des faits. Son procès en appel débutera lundi 4 avril devant la cour d’assises d’Evry, et il faut espérer que l’accusé soit plus prolixe qu’en première instance.

"Trous noirs"

Au cours de son premier procès en effet, Ian Griffin n’avait donné que très peu d’explications sur cette terrible nuit du 24 au 25 mai au cours de laquelle Kinga Wolf a perdu la vie. L’accusé a toujours évoqué des "trous noirs". 

Le dimanche 24 mai au soir, le couple était sorti dîner. Après une dispute dans l’enceinte de l’établissement, Ian Griffin avait quitté la table, avant de regagner l’hôtel. Sa compagne l’y avait rejoint à une heure du matin. "La dispute reprend. Puis mon client a un trou noir. Lui et sa compagne consommaient beaucoup d'alcool, ils étaient en sevrage de benzodiazépine. Cela a généré la perte de mémoire, avait détaillé en 2014 Me Francis Triboulet, avocat de l’accusé à metronews. Puis il s'est réveillé vers 8 heures dans une chambre dévastée. Kinga dormait encore. En voulant la réveiller, il a vu qu'elle était gelée. Il lui a donné un bain. Vers 14 heures, il a compris qu'elle était morte". Ian Griffin aurait alors quitté les lieux direction l’Angleterre pour "se suicider" selon son avocat. Une version qui n’avait guère convaincu les jurés au premier procès.

Accroc à l’alcool et aux médicaments à l’époque du meurtre, Ian Griffin avait, après son interpellation le 1er juin 2009, été interné deux ans en hôpital psychiatrique en Angleterre, avant d'être placé en détention provisoire en France. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

EN SAVOIR +
>> Meurtre au Bristol : "Je ne me souviens pas" dit Ian Griffin >> Meurtre du Bristol : Ian Griffin condamné à 20 ans de réclusion criminelle >>  Meurtre du Bristol : Ian Griffin a interjeté appel

Lire et commenter