Meurtre au Bristol en 2009 : "Je sais que j'ai perdu le contrôle", répète l'accusé

Meurtre au Bristol en 2009 : "Je sais que j'ai perdu le contrôle", répète l'accusé

FAITS DIVERS
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PROCÈS – Ian Griffin, 45 ans, comparait jusqu'à vendredi devant la cour d'assises de Paris pour le meurtre de Kinga Wolf en mai 2009 dans un palace parisien du 8e arrondissement. L'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

"Je sais que j'ai perdu le contrôle. Mais je n'ai jamais souhaité sa mort", avait dit Ian Griffin au juge d'instruction. Il l'a répété ce mardi devant la cour d'assises où il comparait jusqu'à vendredi pour le meurtre en mai 2009 au Bristol de Kinga Wolf, polonaise millionnaire âgée de 36 ans.

Pourtant, depuis son interpellation en le 1er juin 2009, le Britannique aujourd'hui âgé de 45 ans a toujours évoqué un "black out" sur cet homicide volontaire commis dans une suite du palace parisien du 8e arrondissement. Interrogé longuement sur cette escale parisienne avant de rejoindre Monaco, l'accusé a pu détailler avec précision son séjour avant et après les faits, mais perd toujours la mémoire quand il s'agit de revenir sur les 7 ou 8 heures au cours desquelles le meurtre a été commis.

"Tu me dois du sexe"

Ainsi, arrivé le samedi 23 mai dans la soirée à Paris, le couple a mangé une glace sur les Champs-Elysées. Il devait quitter la capitale dès le lendemain mais Kinga Wolf a voulu faire du shopping et bon nombre de magasins sont fermés le dimanche. Les amoureux décident donc de prolonger jusqu'au lundi.

Le dimanche soir, vers 23 heures, ils partent diner au Bound, restaurant branché du quartier. "Je prenais des anxiolytiques à l'époque. Elle ne m'en a donné que deux alors que j'en prenais 10 ou 20. Ça a été la cause de tous ces problèmes", a déclaré l'accusé ce mardi, en référence au sevrage qu'il faisait alors. "Puis, au restaurant, d'un coup, elle m'a dit 'Tu me dois du sexe'. J'ai dit 'Oh mon dieu, pas ici !' J'ai dit : 'Ne commence pas ici !'. Elle s'est mise très en colère et elle m'a dit que je ne dirais pas ça à mes ex-petites amies. Là, je me suis levé brusquement et je suis parti en courant. Je suis rentré au Bristol. Je voulais prendre ma voiture et m'en aller mais je suis arrivé après elle."

Ian Griffin rejoint le palace et passe au bar boire deux vodkas. Quand il remonte dans la 503, Kinga Wolf est déjà là. "J'ai entendu une voix dans la chambre. 'Comment oses-tu me laisser seule à Paris ?'. Puis je ne me souviens de rien." L'accusé précise s'être réveillé vers "8 ou 9 heures du matin", avoir vu la chambre "démolie" mais ne pas avoir vu sa compagne. Il se met alors à tout ranger, prend des serviettes, éponge le tapis plein de sang et réfléchit à "trouver un aspirateur en cachette pour enlever tous les petits bouts par terre."

"Je me suis dit qu'en la réchauffant elle deviendrait vivante"

Selon lui, ce n'est que vers 15 heures qu'il réalise que Kinga Wolf est sous le matelas. "Je l'ai prise dans mes bras, elle était très froide. Je l'ai mise dans un bain chaud. Je me suis dit qu'en la réchauffant elle deviendrait vivante", a relaté l'accusé à la cour soutenant ne pas avoir réalisé sur le coup qu'elle était morte. Il déclare également lui avoir fait du bouche-à-bouche, avant d'aller vers la fenêtre pour tenter de se suicider. "Il m'a fallu un certain temps avant de prendre conscience de ce qui était arrivé" affirme-t-il. Entendu également ce mardi, le surveillant du parking du Bristol a indiqué avoir vu Ian Griffin récupérer sa Porsche le 25 mai vers 16 heures. "Il avait l'air très pressé, très nerveux, il transpirait beaucoup, a relaté l'ancien employé du Bristol. Il n'arrêtait pas de tourner sa tête pour voir s'il y avait quelqu'un dans le parking". Ce stress, cette anxiété, Ian Griffin l'a redit ce mardi, sont dus avant tout au manque de Benzodiazépine auquel il était accroc.

"Je suis vraiment trop fatigué"

En fin de journée, alors que l'avocat général, Philippe Courroye et l'avocat des parties civiles, Me Guillaume Traynard, s'apprêtaient à l'interroger, Ian Griffin, atteint et soigné pour une neuropathie, dit ne plus tenir debout. A la reprise de l'audience, vers 17h30, Ian Griffin est assis, les jambes allongées sur une chaise et les yeux fermés.Le Président Didier Safar accepte qu'il réponde assis aux questions, mais demande à l'accusé s'il est en état de le faire. "Je n'arrive pas réfléchir quand j'ai mal" répond Ian Griffin.

Le frère de la victime a été entendu à sa place. A 19 heures, quand le président a demandé à Ian Griffin s'il pouvait maintenant l'interroger, l'accusé à indiqué qu'il préféré attendre demain. "J'ai pris des anti-douleurs à le suspension d'audience. Je suis vraiment trop fatigué." En raison de son état de santé, l'accusé a échappé à son interrogatoire sur lequel comptait bien "rebondir" Me Traynard. Il aura lieu mercredi à la reprise de l'audience. 

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