Meurtre d'Alexia Daval : "Nous avons la certitude que le coupable est un proche géographique"

FAITS DIVERS
FAIT DIVERS - Le 28 octobre 2017, Alexia Daval, 29 ans, partait faire son jogging à Gray (Haute-Saône). Deux jours plus tard, son corps sans vie était retrouvé brûlé. Deux mois après les faits, le ou les auteurs de ce crime reste(nt) introuvable(s). Me Randall Schwerdorffer, avocat de Jonathann Daval, le mari d’Alexia, fait le point avec LCI sur cette triste affaire.

Un jogging matinal, une disparition signalée, et, 48 heures plus tard, la découverte d’un corps sans vie partiellement calciné dans un bois. Deux mois après la mort d’Alexia Daval, portée disparue le 28 octobre 2017 à Gray en Haute-Saône et retrouvée morte le 30 octobre, aucun suspect n’a été identifié ou interpellé. 


Au cours d’une conférence de presse le 6 novembre, Edwige Roux-Morizot, procureure de la République de Besançon, avait indiqué, pour mettre fin aux rumeurs, que le décès était "probablement lié à une asphyxie, sans que l’on connaisse encore le mécanisme", et qu'il n'était "pas possible hélas d’affirmer qu’elle n’a pas été violée". On ignore toujours aujourd’hui si la jeune femme a été ou non sexuellement agressée. Me Florand, avocat de ses parents, comme Me Randall Schwerdorffer, avocat de son mari Jonathann Daval, qui ont eu accès au dossier, se refusent à tout commentaire sur la question pour ne pas nuire à l’enquête. La magistrate n’en a jamais dit davantage. 


Deux mois après la disparition d’Alexia Daval, Me Randall Schwerdorffer revient sur cette affaire avec LCI. 

LCI : Pas d’interpellation, pas de suspect. Deux mois après la mort d’Alexia Daval, quel est l’atmosphère aujourd’hui à Gray ? 

Randall Schwerdorffer : Le climat est pesant. Les gens sont inquiets. Il y a une psychose qui s’est installée dans la région. Il y a quand même un meurtrier qui est en liberté et peut-être un ou plusieurs complices. 


LCI : Me Florand avait annoncé en novembre "un dénouement rapide" qu'il prévoyait avant fin décembre.  Nous sommes le 28...

Randall Schwerdorffer : Nous sommes désabusés, un peu surpris... On se rend compte malheureusement que le temps commence à passer sérieusement et que ça n’est pas le cas. Nous avons la certitude que le coupable est un proche géographique, qu’il s’agit de quelqu’un qui a forcément une proximité avec le lieu d’habitation d’Alexia Daval. Seule une personne qui connait le coin a pu placer son corps à l’endroit où il a été retrouvé. C’est un endroit très dissimulé, que l’on ne peut découvrir par hasard en 30 ou 40 minutes et qui est peu praticable. Nous sommes donc très étonnés que cela prenne autant de temps, d’autant que les moyens au niveau des investigations sont très importants.

LCI : Quels sont les moyens auxquels vous faites allusion ? 

Randall Schwerdorffer: Tout ce qui concerne la géolocalisation, l’exploitation de l’ADN et des traces qui ont été faites sur le site de découverte du corps. Cela aboutit forcément à obtenir des indices précis, qui devraient permettre d’isoler à mon sens un ou deux auteur(s) potentiel(s). 


LCI : Comment va Jonathann Daval aujourd’hui ? 

Randall Schwerdorffer: Pour l’instant, il reste très fébrile et très fragile. Les proches d’Alexia, comme les habitants de Gray, sont obnubilés par deux questions principales : qui a fait ça, et pourquoi ? A l’automne, il était désigné sur les réseaux sociaux comme le coupable. Mais beaucoup de gens se sont dit que si c’était lui, il aurait déjà été interpellé. C’est ce que dit la vox populi et c’est ce qui fait que les rumeurs se sont beaucoup calmées. 

LCI : Que pourriez-vous faire pour "accélérer" les choses ?

Randall Schwerdorffer: Nous irons voir le juge d’instruction à la rentrée pour faire le point et voir où nous en sommes sur l’état d’avancement du dossier. Nous attendons par ailleurs des retours d’expertises techniques et scientifiques qui pourraient permettre une avancée de l’enquête. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant. Secret de l’instruction oblige. 


LCI : Combien de personnes ont été entendues à de jour ? 

Randall Schwerdorffer: Je ne peux vous dire précisément combien, mais elles sont nombreuses à avoir répondu aux questions des enquêteurs. Nous sommes par ailleurs destinataires de très nombreux courriers, signés ou anonymes, mais qui n’aboutissent à rien. Les auteurs de ces missives disent avoir des informations, connaître l’auteur… En réalité, c’est surtout une intuition, ça part dans tous les sens et ça ne mène pour l’instant à rien malheureusement. 


LCI : Pour vous l’auteur de ce crime peut aussi bien être un homme qu’une femme ? 

Randall Schwerdorffer: Je n’exclus rien du tout. Et ça peut  être au pluriel. 

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