Meurtre de Mireille Knoll : "Tout ça parce qu'elle était juive, ce sont des monstres", le témoignage de son fils Alain sur LCI

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TÉMOIGNAGE - Deux hommes ont été mis en examen pour le meurtre de Mireille Knoll, une octogénaire parisienne. Le caractère antisémite a été retenu par le parquet. Interrogé par LCI, son fils Alain Knoll a partagé son incompréhension et sa colère après cet assassinat. "Ce sont des monstres", a-t-il déclaré.

De l'incompréhension. Quatre jours après la mort de Mireille Knoll, cette femme 85 ans de confession juive, dont le corps lardé de coups de couteau et en partie brûlé a été retrouvé dans son appartement incendié à Paris, les deux principaux suspects ont été mis en examen et inculpés pour "homicide volontaire à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion", ainsi que pour "vol aggravé" et "dégradation du bien d'autrui par un moyen dangereux". Un meurtre qui survient un an après l'assassinat de Sarah Halimi, elle aussi de confession juive, défenestrée à son domicile parisien en avril 2017 par un voisin. 


Joint par LCI, le fils de la victime, Alain Knoll, est bouleversé par le sort tragique réservé à sa mère, qui a échappé à la rafle du Vel d'Hiv' en juillet 1942. Réfugiée au Portugal, elle est revenue à Paris après la guerre, et a épousé un homme rescapé du camp d'Auschwitz, décédé au début des années 2000. "Il est inexplicable que des hommes puissent faire cela à une femme, qui n'a jamais fait de mal à personne, tout ça parce qu'elle était juive. Ce sont des monstres", a-t-il expliqué, après avoir salué "l'action exemplaire" des policiers . "Ils ont reconnu les faits. Ils ont expliqué que c'était parce qu'elle était juive. Il espérait, je ne sais quoi, de l'argent ou des bijoux. Malheureusement, dans les esprits primaires, le mot 'juif' stimule la jalousie et l'envie."

L'émotion de la communauté juive

Dès ce week-end, la mort de l'octogénaire parisienne a suscité des réactions d'indignation au sein de la communauté juive française mais aussi de l'ensemble de la classe politique française. Le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, s'est dit sur Twitter "horrifié par la tragique disparition de Mireille Knoll, rescapée de la Shoah, presque un an jour pour jour après le meurtre de Sarah Halimi-Attal". "L'horreur du crime et la violence des bourreaux sont identiques et renvoient à la négation du visage humain...", a-t-il poursuivi.

Lundi soir, Emmanuel Macron a qualifié de "crime épouvantable" l'agression ayant entraîné le décès de Mireille Knoll. "Je réaffirme ma détermination absolue à lutter contre l'antisémitisme", a ajouté le chef de l'État. "Toute la lumière doit être faite sur ce crime odieux", a tweeté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. En visite à Jérusalem, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a témoigné son "émotion". Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a également fait part dans un communiqué de "sa profonde tristesse et de son indignation", en dénonçant un "acte de barbarie". "S'attaquer à un juif, c’est s'attaquer à la France et aux valeurs qui constituent le fondement même de la Nation."


À l'appel de Serge Klarsfled notamment, une marche blanche est organisée mercredi après-midi à Paris en mémoire de Mireille Knoll. Un appel relayé par plusieurs responsables politiques, dont la maire de Paris Anne Hidalgo, qui a invité "toutes les Parisiennes et tous les Parisiens",à cette marche blanche. "Rendez-vous à 18h30 place de la Nation."

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