Meurtre de Sophie Lionnet : l'un des meurtriers présumés raconte le calvaire vécu par la baby-sitter de 21 ans

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JUSTICE - Auditionné depuis lundi à Londres, Ouissem Medouni, l'un des meurtriers présumés de la jeune fille au pair, est revenu mercredi ce qu'il s'était passé, selon lui, la nuit où Sophie Lionnet est morte en septembre dernier.

A la barre du tribunal, Ouissem Medouni a livré mercredi 18 avril le récit glaçant du calvaire vécu par Sophie Lionnet. Le corps de cette fille au pair a été retrouvé sans vie à Londres, en septembre 2017, dans le jardin de ses employeurs, Ouissem Medouni et Sabrina Kouider. Cette dernière était persuadée que la baby-sitter de 21 ans avait comploté avec le père d'un de ses deux garçons, le fondateur du boys band Boyzone Mark Walton, pour droguer et agresser sexuellement des membres de sa famille.


Sophie Lionnet est morte dans la nuit du 18 au 19 septembre 2017, suite à un interrogatoire partiellement filmé que le couple avait mené dans son appartement du sud-ouest londonien, a raconté Ouissem Medouni devant la cour criminelle de l'Old Bailey, à Londres. Après avoir tenté de lui extorquer des aveux, il dit être allé se coucher avec l'intention de montrer l'enregistrement à la police. Mais sa compagne, selon lui, a continué à questionner la jeune fille de 21 ans.

"Sabrina m'a réveillé, probablement vers 01h30. Elle disait que Sophie ne respirait pas", a déclaré Ouissem Medouni devant les juges. La victime était allongée dans la baignoire pleine d'eau, vêtue d'un pyjama rose. Sabrina Kouider "était choquée, elle disait : "Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai fait ?". Les yeux de Sophie Lionnet étaient alors "ouverts" mais elle n'émettait aucun son et ne bougeait pas. 


Oussem Medouni dit l'avoir sortie du bain, avant de l'allonger dans le salon pour tenter de la "ressusciter". En vain. "Je pensais que je pouvais la ressusciter", a-t-il déclaré, sans un regard pour la mère de la victime, très émue. "J'ai essayé, essayé, cela a semblé durer une heure", a-t-il ajouté, précisant qu'elle n'était pas blessée au visage ou ensanglantée. Ni lui ni sa compagne n'ont appelé les secours ou la police, afin de "protéger les enfants". Ensuite, "je l'ai enveloppée dans un drap blanc et mise sur le lit".


Le surlendemain, mercredi 20 septembre 2017, une fois les enfants à l'école, Sabrina Kouider a insisté pour que le corps soit brûlé dans le jardin, selon lui. "Je lui ai dit : 'c'est fou, je ne ferai jamais ça !'", avant de céder. Pour couvrir l'odeur, il a simultanément fait griller du poulet : "Comme ça, les gens penseraient que c'était un barbecue". Pendant ce temps, sa compagne a pris une douche "pour se laver de ses péchés", a-t-il raconté.

"J'étais responsable aussi, mais pas du meurtre"Ouissem Medouni

Les pompiers sont arrivés, alertés par des voisins intrigués par une importante fumée et une "horrible" odeur. Ils ont retrouvé le cadavre carbonisé de Sophie Lionnet. Ouissem Medouni a prétendu qu'il s'agissait d'un "mouton": "Je voulais protéger la famille et moi-même", s'est-il justifié. Selon l'accusé, Sabrina Kouider lui a demandé d'"endosser la responsabilité" des faits lors de leur première comparution devant un juge. Ce qu'il a fait dans un premier temps, avant de revenir sur ses aveux.  


"J'étais responsable aussi, mais pas du meurtre", a-t-il déclaré aux jurés. "Je suis toujours amoureux mais elle a détruit ma vie". Il a dit s'en vouloir de ne pas avoir mis un terme violences de sa compagne, qu'il a décrite comme dominante et instable, car alors "Sophie serait en vie". Mais "je n'ai jamais, jamais, jamais frappé ou battu une femme. Je ne suis pas un homme violent, je ne l'ai jamais été". 

Lors d'une interruption de séance, en dehors de la salle d'audience, Sabrina Kouider a traité son compagnon d'"assassin" et de "menteur". L'avocat de la co-accusée, Icah Peart, s'est attaché à démonter son témoignage lors de contre-interrogatoire. Ouissem Medouni s'est vivement défendu de mentir, se décrivant comme un "suiveur", "un peu naïf" et "trop gentil". "Je ne veux pas payer pour quelque chose que je n'ai pas fait", a-t-il ajouté. Son audition doit se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine.  

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