Meurtre de Sophie Toscan du Plantier : Ian Bailey renvoyé devant les assises

Meurtre de Sophie Toscan du Plantier : Ian Bailey renvoyé devant les assises
FAITS DIVERS

COLD CASE - Près de 22 ans après le meurtre, en Irlande, de Sophie Toscan du Plantier, la justice française a décidé de renvoyer le principal suspect, le journaliste Ian Bailey, devant les assises.

22 ans d'instruction, pour une affaire qui a longtemps tenu l'opinion en haleine. La cour d'appel de Paris a décidé, jeudi 1er février 2018, de renvoyer devant les assises britanniques le journaliste anglais Ian Bailey dans l'enquête sur le meurtre de Sophie Toscan du Plantier en Irlande en 1996. Une décision signifiant que la cour a recueilli "suffisamment d'éléments à charge" contre le suspect, mais qui devrait être suivi d'un pourvoi en cassation, une "possibilité étudiée" par ce dernier, selon son avocat.

Jugé en son absence

La décision a provoqué "un soulagement pour les proches de Sophie Toscan du Plantier, même s'ils savent que le procès n'est pas pour tout de suite et qu'il se fera vraisemblablement en l'absence du suspect", a répondu l'un des avocats de la famille, Laurent Pettiti, à l'AFP.

En effet, la justice irlandaise a jusqu'à présente toujours refusé de remettre Ian Bailey, 60 ans, entre les mains de son homologue française, les deux pays n'ayant pas d'accord de réciprocité en matière d'extradition. En dépit de deux mandats d'arrêt formulés par la justice hexagonale. Une décision fort logiquement soutenue par la défense de Ian Bailey, qui rappelait les "moyens colossaux" consacrés par "les enquêteurs irlandais", qui pourtant n'ont "pas assez d'éléments pour renvoyer [Ian Bailey] devant une juridiction de jugement."

Une difficulté supplémentaire pour les parties civiles, qui, à l'instar de l'oncle de Sophie Toscan du Plantier, continue d'espérer "un premier procès, une condamnation, une extradition pour que nous ayons enfin un seonc procès en sa présence. Tout cela prendra des mois voire des années."

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Un cold case qui remonte au 23 décembre 1996

Une habitude dans cette affaire, puisque c'est le 23 décembre 1996 que Sophie Toscan du Plantier avait été retrouvée morte, en vêtements de nuit, en contrebas de sa maison isolée de Schull, un village de la côte sud-ouest de l'Irlande, où elle était venue passer quelques jours avant Noël. Alors âgée de 39 ans, l'épouse du producteur de cinéma et ancien patron de Gaumont, Daniel Toscan du Plantier, décédé en 2003, avait été frappée plusieurs fois à la tête.


Journaliste pigiste résidant à quelques kilomètres de là, Ian Bailey avait rapidement fait figure de suspect: il était l'un des premiers à s'être rendu sur les lieux et avait évoqué dans ses articles des éléments de l'enquête, notamment sur l'arme du crime, censés être connus uniquement du meurtrier et des enquêteurs.

Plusieurs témoins ont également affirmé en 2003 qu'il leur avait avoué le meurtre, en état d'ébriété. Mais l'état du corps de Sophie Toscan du Plantier, resté dehors recouvert d'une simple bâche pendant de nombreuses heures avant l'arrivée du médecin légiste, n'avait pas permis de relever un éventuel ADN étranger.

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Meurtre de Sophie Toscan du Plantier : le suspect avait déjà été renvoyé devant les assises à l'été 2016

Contradictions et détails troublants

Interpellé à plusieurs reprises par la police irlandaise, le journaliste a toujours clamé son innocence et n'a jamais été inculpé en Irlande, faute de preuves "au-delà du doute raisonnable". "Bien qu'aucune preuve matérielle ne puisse être avancée et malgré les dénégations constantes du mis en cause devant les policiers, le faisceau d'indices entourant Ian Bailey justifie sa mise en accusation devant la cour d'assises de Paris", a, au contraire, estimé le parquet de Paris le 27 juin, demandant son renvoi en procès.

Le parquet met en avant plusieurs faits troublants : le suspect a assuré qu'il ne connaissait pas la victime alors que plusieurs éléments ont démontré le contraire, il portait des égratignures, notamment sur le visage et les avant-bras, dont il n'a jamais pu expliquer l'origine. Enfin, sa présence à son domicile au moment des faits n'a pas été établie, en dépit de ses dires.

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