VIDÉO - Pour la procureure, Jonathann Daval a tué "volontairement, et non accidentellement" sa femme Alexia

DÉNOUEMENT - Au terme de trois mois d'enquête, tous les éléments convergeaient vers Jonathann Daval dans l'affaire du meurtre d'Alexia Daval. Dans la journée, l'homme est passé aux aveux : il a tué sa femme sans le vouloir, ont affirmé ses avocats. Edwige Roux-Morizot, procureure de la République de Besançon a apporté, au cours d'une conférence de presse, plusieurs précisions au sujet de cette affaire.

En quelques heures seulement, l'affaire Alexia Daval a basculé vers son dénouement. Jonathann Daval, le mari d'Alexia Daval a reconnu avoir tué sa femme, dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 "par accident", selon les déclarations de ses avocats, "volontairement", selon la procureure de la République de Besançon, Edwige Roux-Morizot. 


Dans l'après-midi, les avocats de Jonathann Daval ont annoncé que leur client était passé aux aveux. Ce mardi soir, Edwige Roux-Morizot a annoncé au cours d'une conférence de presse que l'homme a été mis en examen "pour meurtre sur conjoint" et qu'il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ce dernier a été placé en détention provisoire. 

Tout est dit ? Pas vraiment ... La procureure de la République de Besançon, Edwige Roux-Morizot

Demandant que ce pouvait attendre la presse après les déclarations des avocats du suspect dans la journée, la procureure de Besançon a quelque peu taclé les défenseurs de Jonathann Daval, qui ont détaillé de nombreux éléments auprès des médias. "Tout est dit ? Pas vraiment. L’épilogue de cette affaire, dans la France entière, sera considérable. Il sera l’unique fruit d’un travail exemplaire",  a-t-elle insisté. 

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Extrait de la conférence de presse d'Edwige Roux-Morizot, procureure de la République

Un travail "exemplaire" que cette dernière et deux gradés de la gendarmerie ont d'ailleurs tenu à saluer. Plus de 500 gendarmes issus de huit départements différents ont travaillé sur cette enquête. "On n'en est qu’à trois mois d’enquête. C’est allé très lentement pour vous, mais très vite pour nous", a souligné la procureure. "Un travail considérable a été abattu en trois mois, avec une synergie parfaite entre les enquêteurs", s'est félicité Pascal Péresse, commandant de la Section de recherches de la gendarmerie de Besançon.

"Tous les éléments ont convergé" vers Jonathann Daval

 Comment les enquêteurs en sont venus à suspecter Jonathann Daval ? Les pistes ont été étudiées puis écartées une à une par les enquêteurs au cours des trois mois qu'a duré cette enquête. Si ce dernier a longtemps nié être impliqué dans ce meurtre, "les éléments ainsi que les témoignages étaient suffisament probants pour résister aux dénégations" du suspect. Le drap, tout d'abord, "un élément central de l'enquête". "Le drap qui recouvrait pour partie le corps d'Alexia a été un élément central (...) On imaginait mal qu'un rôdeur ait un drap dans sa voiture", a précisé la femme de loi. 


Puis, les prélèvements effectués, les témoignages recueillis et recoupés, l'exploitation des données de son véhicule de fonction, le travail effectué sur la téléphonie, l'endroit où a été retrouvé le corps d'Alexia Daval, les incohérences dans les explications et l'emploi du temps de Jonathann Daval, "tous les éléments ont convergé, à un moment donné", vers le suspect, explique Edwige Roux-Morizot. 


En effet, la nuit précédant la disparition de la jeune femme, un voisin a affirmé avoir entendu une voiture sortir du domicile du couple, et le dispositif de traçage dont était équipé l'utilitaire professionnel de Jonathann Daval l'atteste, indiquait une source proche de l'enquête à l'AFP. Des traces de pneus correspondant à la voiture auraient également été retrouvées près du corps de la jeune femme. Pour l'heure, l'enquête se poursuit sur commission rogatoire "puisque tous les éléments n'ont pas été exploité complètement", a précisé la procureure. 

Des spécialistes du département des sciences du comportement ont décrypté le comportement de Jonathann Daval lors de sa garde à vue

Durant trois mois, les enquêteurs ont été regroupés au sein d'une cellule d'enquête "composée de 12 enquêteurs, analystes criminels, qui ont travaillé à temps complet" sur l'affaire. Cette cellule était composée de militaires de la section de recherches de la gendarmerie de Haute-Saône et du Doubs. Un "travail avec une synergie parfaite" des enquêteurs, a été effectué, a indiqué un haut gradé de la Gendarmerie. 


Avec le concours de l'IRCGN, "des éléments incriminants, comme le véhicule, des témoignages et des constatations effectuées lors des perquisitions", ont permis l'arrestation de Jonathan Daval, qui était "la dernière hypothèse". L'homme a été placé en garde à vue et des spécialistes du département des sciences du comportement, "capables de décrypter des comportements", ont assisté les enquêteurs. "Ce sont des aides pour les enquêteurs sans être des experts, ont indiqué les responsables de l'enquête. 

Une dispute conjugale "vraisemblablement" à l'origine du meurtre

C'est "vraisemblablement une dispute conjugale" qui est à l'origine du meurtre et "la préméditation n'a pas été retenue", selon la procureure. Ainsi, le jeune homme est mis en examen pour "meurtre sur conjoint" et non pour assassinat. Et pour l'instant, si Daval demeure silencieux et nie avoir brûlé le corps de sa compagne, Edwige Roux-Morizot, précise que "la complicité n'est pas d'actualité". Pour cette dernière, "la mort d'Alexia Daval a été donnée volontairement, et non accidentellement" comme l'a répété toute l'après-midi, l'avocat de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer. 


La procureure a également déclaré qu'Alexia Daval avait été tuée "vraisembablement dans la nuit avant que ne soit déclarée sa disparition" et qu'il n'existait plus de zone d'ombre dans l'emploi du temps de Jonathann Daval. 

Dès lundi 29 ajnvier, l'étau s'était resserré autour de Jonathann Daval, qui avait été interpellé à son domicile de Gray-la-ville par les enquêteurs. Ces derniers privilégiaient déjà l'hypothèse d'une "dispute conjugale ayant mal tourné". Devant la presse, ce mardi, l'avocat de Jonathann Daval, Me Schwerdorffer avait tenté de défendre son client en ces termes : "Ils avaient une relation de couple avec de très fortes tensions. Alexia avait une personnalité écrasante, il se sentait rabaissé, écrasé. A un moment, il y a eu des mots de trop, une crise de trop, qu'il n'a pas su gérer", a dit Me Schwerdorffer. "Il a essayé d’être ce gendre parfait, il n'a pas réussi. (...) Il l'a étranglée et après, il a été dépassé par tout", a-t-il poursuivi. Ce soir, sur BFM TV, il a donné des éléments au sujet du quotidien du couple : "C’est un couple dont malheureusement l’un des conjoints était violent mais ce n’est pas celui auquel on pense, c’est-à-dire qu’Alexia, en période de crise, pouvait avoir des accès de violence extrêmement importants à l’encontre de son compagnon", a déclaré Me Schwerdorffer. 

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Mort d'Alexia Daval : son mari Jonathann mis en examen

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