Montpellier : l'ex-dauphine d'un concours de Miss condamnée à deux ans de prison pour avoir appelé au djihad sur Facebook

Montpellier : l'ex-dauphine d'un concours de Miss condamnée à deux ans de prison pour avoir appelé au djihad sur Facebook

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JUSTICE - Une femme de 26 ans a été condamnée à deux ans de prison ferme pour apologie du terrorisme, mercredi à Montpellier. Convertie à l’islam il y a un an, cette deuxième dauphine du concours de Miss Carnon 2014 (Hérault) avait prêté allégeance à Daesh et appelé au djihad sur sa page Facebook.

Des podiums à la prison. Une dauphine de Miss Carnon 2014 se retrouve désormais en cellule, condamnée à trois ans de réclusion dont un avec sursis pour apologie du terrorisme. Convertie à l'islam en "février-mars 2016", Laetitia, qui avait prêté allégeance à Daesh et appelé au djihad sur sa page Facebook, voit son sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant trois ans avec obligation de se soigner, de travailler et d'obtenir l'autorisation du juge d'application des peines avant tout déplacement à l'étranger.



Le procureur du tribunal correctionnel de Montpellier avait requis trois ans de prison dont six à neuf mois avec sursis, s'interrogeant sur les "changements brusques" de la prévenue survenus depuis son incarcération le 27 janvier pour "apologie publique d'un acte de terrorisme" sur les réseaux sociaux. "Elle dit avoir changé, modifié son état d'esprit. La question est de savoir si ce changement qu'elle allègue est réel ou n'est que superficiel", a dit le représentant du ministère public, André Dutil.

"Une grande adolescente paumée, une proie facile"

L'examen du téléphone de la jeune femme originaire de Castelnau-le-Lez a révélé "des photos de femmes et d'enfants en niqab ou en burqa, des fichiers audios de chant à la gloire de l'Etat islamique, des vidéos d'un enfant qui décapite une poupée, des images d'attentats et de décapitations de prisonniers", a énuméré le président, Jérôme Reynes.


Lors de conversations téléphoniques avec un homme vivant en Tunisie qu'elle envisageait d'épouser avant de rejoindre "la Syrie, l'Irak ou le Yémen", ou dans des notes rédigées, elle tenait "un discours particulièrement virulent sur la nécessité de faire le jihad et de combattre" tous les non-musulmans, a ajouté le président.


"A l'époque, je le pensais", a admis la jeune femme, à l'aise dans le box. "Je cherchais quelque chose que je n'avais pas et j'ai rencontré ces gens-là qui étaient gentils, me portaient de l'attention. Au fil du temps, ces gens-là ne se sont pas révélés si gentils", a dit la prévenue. Son avocat, Me Luc Abratkiewicz, l'a décrite comme "une grande adolescente, une jeune femme paumée, une proie facile" qui a été "rasta, baba-cool, gothique" et pour qui le suivi socio-judiciaire "est une évidence".

La jeune femme a été recrutée à la mosquée de Lunel

Interrogée sur France Bleu Hérault, la maman de Laetitia explique que sa fille a eu une adolescence difficile, marquée par des fugues, la vente et la consommation de drogue. "Jusqu’à 13 ans, tout allait bien. Mais à l’adolescence, elle a fait connaissance avec une copine gothique, elle a alors fait les 400 coups, puis est elle passée par une période baba-cool, hippie. Elle était perdue, elle sortait avec des marginaux, elle fuguait sans cesse, consommait de la drogue." La jeune femme sera verbalisée plusieurs fois pour des violences sur la voie publique ou du vandalisme, notamment dans les églises. 


"Il y a deux ans, elle est allée sur internet et je l’ai vue changer, elle parlait religion, arabe, s’habillait en noir", continue sa maman. "Je pensais que ça lui passerait mais ce n’est pas passé. Un jour, la police est venue, ils ont fait une perquisition, ils ont emmené notre fille et elle n’est pas revenue depuis huit mois." Laetitia explique avoir été recrutée à la mosquée de Lunel, près de Montpellier, par deux hommes qui repéraient les nouveaux convertis. Une vingtaine de jeunes de cette ville sont partis en Syrie faire le jihad et une partie a été tuée là-bas dans des affrontements.


Après sa conversion, la jeune femme, qui porte désormais la burqa et se fait appeler Kenza, publie sur sa page Facebook : "Donne ta main pour l’allégeance et immigre vers la terre sacrée". Sur ses téléphones portables, trois vidéos de décapitations sont retrouvées par les enquêteurs, ainsi que des photos de femmes en niqab armées de fusils d’assaut. Depuis son interpellation, Laetita est incarcérée à Perpignan.

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