Montrouge : la ceinture d'explosifs retrouvée ravive les craintes à l'école juive Yaguel Yaacov

Montrouge : la ceinture d'explosifs retrouvée ravive les craintes à l'école juive Yaguel Yaacov

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ENQUETE - Une ceinture d'explosifs a été retrouvée lundi 23 novembre, soit dix jours après les attentats de Paris, rue Chopin à Montrouge. Le 8 janvier dernier, au lendemain de l'attaque de Charlie Hebdo, cette commune des Hauts-de-Seine avait déjà tremblé quand une policière municipale avait été abattue par Amedy Coulibaly. Ce crime avait été commis à quelques mètres de l'école juive.

Il était 18h30 lundi dernier quand la directrice de l'école Yaguel Yaacov à Montrouge (Hauts-de-Seine), Michelle Favre, a appris la nouvelle. Rue Chopin, à moins d'1,5 km de son établissement, les agents de nettoyage de la ville ont retrouvé quelques heures plus tôt dans un tas d'encombrants une ceinture d'explosifs liée aux attentats de Paris.

La découverte a ravivé de mauvais souvenirs et suscité des inquiétudes au sein de l'école juive. Il y a dix mois en effet, au lendemain de l'attaque perpétrée dans les locaux et aux abords de Charlie Hebdo, la ville des Hauts-de-Seine avait déjà été visitée par un terroriste. Le 8 janvier 2015, vers 8 heures du matin, Amedy Coulibaly armé d'une kalachnikov avait grièvement blessé un agent de voirie et ôté la vie à Clarissa Jean-Philippe, policière municipale âgée de 25 ans. Il avait pris la fuite, avant de poursuivre ses actes terroristes le lendemain à l'HyperCasher de la porte de Vincennes (20e).

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Merah toujours en tête

Dès lors, la communauté juive s'était sentie visée. Pour elle, pas d'équivoque, le scénario de l'école Ozar Hatorah, à Toulouse, cible des balles de Mohamed Merah, allait se reproduire à Yaguel Yaacov. "On a tous pris conscience qu'il était venu pour nous", avait ainsi confié une restauratrice casher au Monde . "S'il n'y avait pas eu cet accident de la route, il y aurait eu un massacre à l'école de Montrouge", avait pour sa part déclaré un fidèle.

"Rien ne prouve à ce stade qu'à l'époque l'école était visée, nuance la directrice de l'établissement. Mais forcément, nous ne pouvons exclure cette possibilité. C'est une interrogation... ". Elie Korchia, représentant de la communauté juive des Hauts-de-Seine, déclare avoir "l'intime conviction" qu'en janvier dernier, "c'est bien l'école juive qui était visée". "Nul doute, pour nous, que ce matin-là ce terroriste armé d'une kalachnikov se rendait à l'école juive de Montrouge", a ainsi expliqué  le responsable religieux lors d'une soirée de gala des communautés juives départementales à Boulogne-Billancourt. Il rappelle qu'Amedy Coulibaly a tiré à moins de 300 mètres de l'école, et que si trois agents municipaux n'étaient pas intervenus à ce moment, sans doute il y aurait eu un drame au sein de l'établissement scolaire. "Les tristes événements de la porte de Vincennes ont montré que des juifs étaient visés" rappelle-t-il.

Des parents inquiets

Depuis lundi, difficile, donc, pour certains parents d'élèves de l'école Yaguel Yaacov de ne pas s'inquiéter. Mardi, plusieurs enfants étaient d'ailleurs absents des classes. "Nous avons communiqué plusieurs informations aux parents et nous allons faire une réunion dans les prochains jours pour les rassurer, précise la directrice de l'école, qui regrette de ne pas avoir été avertie plus tôt lundi de la découverte de la ceinture - retrouvée vers 13 heures. Depuis l'affaire Merah, les mesures de sécurité ont été renforcées. Elles l'ont été encore un peu plus depuis janvier, puis depuis les récents événements. Aujourd'hui la menace terroriste est bien présente, tout le monde est visé, pas que notre communauté".

Mardi soir, le procureur de la République de Paris a précisé que le portable de Salah Abdeslam, terroriste présumé toujours activement recherché, avait borné à Montrouge le 13 novembre au soir. Douze jours après les attaques, on ignore encore pourquoi l'un des hommes les plus recherchés par la police est passé par cette ville des Hauts-de-Seine quelques heures après les attentats. On ignore également quand, précisément, la ceinture d'explosifs a été jetée et par qui.

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