Mort de Charlotte, 6 mois : devant les parents, la nounou rejoue péniblement la scène

Mort de Charlotte, 6 mois : devant les parents, la nounou rejoue péniblement la scène

COMPTE RENDU D’AUDIENCE - En ce premier jour du procès d'Isabelle H., une assistante maternelle accusée d'avoir tué un nourrisson, la cour du tribunal de Créteil a connu son lot de frissons, ce vendredi 18 mars, à l’occasion d’une reconstitution improvisée.

La scène est d’une violence inouïe. Ce vendredi 18 mars, alors que le tribunal de Créteil (Val-de-Marne) juge une ancienne assistante maternelle accusée d’avoir tué un nourrisson en le secouant violemment, l’heure est à la reconstitution. Devant la barre des témoins figurent plusieurs scellés, dont le transat rayé bleu et blanc dans lequel la petite Charlotte a vécu l’enfer. "Madame, montrez-nous ce que vous avez fait, ce jour-là", demande le président à l’accusée, sans doute dans un souci de clarté et de pédagogie.

Isabelle H., 50 ans, chancelle. Doucement, elle s’avance vers le petit landau, posé au sol. Les parents du nourrisson, en deuil depuis ces huit longues années qu’aura duré l’instruction, sont déjà en pleurs. En se saisissant du transat, l’ancienne assistante maternelle explose en sanglots. à son tour. "Je suis désolée, je suis désolée" balbutie-t-elle, la bouche à moitié camouflée par le foulard qu’elle porte autour du cou. "Alors, vous l’avez secoué ? Puis vous avez lâché le siège ? Montrez-nous", reprend le président, inflexible, tandis que l’avocat d’Isabelle, Grégory Bensadoun, s’approche de sa cliente dont chacun pense, à cet instant, qu’elle va défaillir.

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L'effet d'une bombe

Rassemblant ses forces, l’accusée finit par secouer le transat vide. Timidement, d’abord, puis de plus en plus fort. Et dans la salle où ne résonnent que les pleurs des parents de Charlotte, la nourrice projette l’objet au sol, dans un bruit qui fait l’effet d’une bombe. Les grands-parents de la petite, eux aussi constitués partie civile, quittent l’audience en larmes. La nounou, elle, ne bouge plus. D’après les expertises médicales établies près d’un an et demi après les faits, c’est bien ce geste, combiné à d’autres épisodes de violences antérieurs, qui a provoqué la mort du nourrisson.

Suspension d’audience. Certains jurés fixent le transat des yeux, d’autres ont placé une main devant la bouche. Nul doute que cette scène marquera leurs esprits. D’autant que les interrogatoires menés un peu plus tôt dans la journée, en ce premier jour de procès, n’ont guère été plus favorables à l’accusée. La capitaine de police judiciaire qui a mené l’enquête a en effet livré un témoignage édifiant et fourni sur les trois auditions successives de l’assistante maternelle. "Elle était imprécise. Comme si les détails, pour elle, ne comptaient pas" a ainsi relaté la policière. "Ce n’est qu’après trois longues sessions de questions qu’elle a commencé à amener des débuts d’aveux", commente celle qui a mis à jour, dans la continuité de ses investigations, plusieurs cas de maltraitance de la part d’Isabelle H. Parmi eux, quatre font désormais l’objet d’une information judiciaire. Le verdict est attendu mardi, l'assistante maternelle encourt quinze ans de réclusion criminelle.

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