Mort de Fiona : les temps forts d'une semaine de procès bouleversante

RÉCIT - Dans le procès de la fillette disparue il y a trois ans, la mère de la victime et son compagnon se sont montrés sous un nouveau jour, semant le trouble aux assises du Puy-de-Dôme.

A mi-route, le procès de l'affaire Fiona, ouvert ce lundi, déconcerte les assises du Puy-de-Dôme. Car plus que jamais les incertitudes demeurent. Quand la fillette de 5 ans est-elle morte ? Que lui est-il arrivé ?  Où se trouve le corps ? Interrogés inlassablement par l'accusation, la mère de la petite fille Cécile Bourgeon et son beau-père Berkane Makhlouf n'ont toujours pas livré, à ce jour, de nouveaux éléments probants pour percer le mystère. Ils ont en revanche dévoilé un nouveau visage. Alors que l'image de son ex-compagnon s'humanise, la mère de Fiona a perdu des points. 


Par ailleurs, vendredi, un témoin est encore venu semer le trouble en affirmant avoir vu Fiona, visiblement en bonne santé, sur le dos de Makhlouf 48 heures avant le drame. Pour l'accusation, la fillette pourrait être décédée quelques jours plus tôt, victime de coups mortels portés par le couple. "On se rend compte qu'il y a  aujourd'hui deux certitudes : on n'est pas sur une enfant martyrisée depuis des  mois", s'est félicité l'avocat de Cécile Bourgeon, Renaud Portejoie. "Il y a certes des défaillances de sa famille qui étaient sous l'emprise de  la toxicomanie, mais on n'est pas sur des violences qui se répètent. Tout est  possible, y compris la thèse de l'accident", ajoute le conseil.

Si vous voulez savoir où est le corps de Fiona, j'en sais rien. A votre avis, je fais un enfant pour le mettre à la poubelle ?Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona

En cinq jours d'audience, l'image accolée aux accusés a ainsi été ébranlée. Alors que l'image de son ex-compagnon s'humanise, la mère de Fiona a montré peu d'émotion et s'est avérée très agressive. Une ancienne amie a enfoncé le clou vendredi, en rapportant certains de ses propos. "Elle m'a dit : 'j'ai un problème, Fiona ressemble trop à son père. Elle  commence à me dégoûter. Je l'aime plus'", a confié le témoin, pour qui  Fiona n'avait plus droit à des "câlins" mais à des "paroles de dénigrement".  Pire : elle était vêtue "comme une clocharde", assure le témoin.


Interrogée par Marie Grimaud, avocate d'une partie civile qui l'avait déjà fait sortir de ses gonds en début de semaine, Cécile Bourgeon a alors perdu son sang-froid. "Fiona était très bien habillée !  Ça me rend folle d'entendre ça. La petite, je l'ai jamais frappée. Vous allez arrêter votre  cinéma. J'en ai ras-le-bol", lance-elle à l'avocate, les yeux noirs. Et cette dernière d'insister : "Est-ce que vous entendez qu'on peut se dire aujourd'hui que vous avez tué Fiona ?". Réponse : "Si vous voulez savoir où est le corps de Fiona, j'en sais rien. A votre  avis, je fais un enfant pour le mettre à la poubelle ? Qu'est-ce que vous  croyez, je veux une famille nombreuse. Là je perds mon temps en prison",  bouillonne encore la mère de famille.

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Témoignages en faveur du beau-père

Quant au beau-père, "paranoïaque", "impulsif", "manipulateur": au début, les témoignages ne manquent pas pour décrire sa noirceur. Le CV de ce  toxicomane notoire, toujours "perché" et "malade des nerfs", est désolant.  Lui-même se reconnaît comme un homme "violent", avec les hommes comme avec les  femmes. 


Pourtant, hébété par les médicaments, il ne varie pas d'un iota quand il s'agit de parler de son rapport avec Fiona, "son ange", sa "chérie", sa "pépette". "Pour moi, les enfants c'est sacré", rabâche-t-il à l'envi. Des propos jamais contredits, durant cette première semaine de procès, par les divers témoignages. Ceux du personnel de l'école maternelle comme ceux de la gardienne d'immeuble ou d'anciennes amies de Cécile  Bourgeon. Une image revient même en boucle : celle de Makhlouf courant avec Fiona sur ses épaules "en faisant le cheval". Même Stéphanie, une ex-petite amie qui a fui ses coups  répétés, atteste que l'accusé "adore les enfants". Au milieu des dénégations du couple, il livre d'ailleurs un rare "moment de vérité" lorsqu'il relate, semblant revivre la scène, la découverte du corps  inanimé de Fiona dans son lit et ses tentatives désespérées pour la réanimer.

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Quoi qu'il en soit, pour un avocat des parties civiles, Antoine Portal, le bilan de la semaine reste "mitigé". "Du couple Makhlouf/ Bourgeon, on attend tout mais on espère vraiment plus rien", résume-t-il, convaincu que les accusés en savent "beaucoup plus qu'ils veulent laisser croire".

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