Mort de Naomi Musenga : accusées à tort sur les réseaux sociaux, trois opératrices du Samu vivent un enfer

Mort de Naomi Musenga : accusées à tort sur les réseaux sociaux, trois opératrices du Samu vivent un enfer

RESEAUX SOCIAUX - Trois femmes, opératrices du Samu, ont été dénoncées à tort sur les réseaux sociaux par des internautes, et été la cible de menaces, après la mort de Naomi Musenga.

C’est un tweet qui a divulgué son nom sur les réseaux sociaux. Ainsi que son adresse, son téléphone, et trois photos... Bref, tous les renseignements personnels qui permettent de l’identifier et de la retrouver. Avec un message, clair : "N’hésitez pas à la contacter pour lui souhaiter de mourir très vite", conclut le message. Ce tweet, qui dénonçait une femme travaillant au Samu, a circulé après les révélations sur la mort de Naomi Musenga, raillée par une opératrice du service. 


Cette femme ne travaillait pas dans le service le jour de la mort de Naomi, et n’est pas la personne en cause. Mais à cause de ce tweet, resté en ligne quatre jours, et qui a eu le temps d’être repris, et diffusé à grande échelle, elle a dû changer de vie. La jeune femme a en effet été la cible de milliers d’insultes virtuelles, mais aussi de menaces bien réelles. D’après Le Monde, qui s’appuie sur la gendarmerie locale, la jeune femme n’a pas pu rentrer chez elle le soir de la publication du tweet car "deux individus menaçants étaient postés à la porte de son domicile". Elle a dû déménager 'en urgence' dans une autre région", et ses deux enfants, qui eux aussi ont fait l’objet de menaces, ont été "contraints à la déscolarisation", raconte le quotidien. La jeune femme est "traumatisée par le cataclysme", et décidé de ne plus exercer ce métier, qu’elle faisait depuis 5 ans. Elle raconte "vivre dans le flou". 

Menaces, insomnies et peurs

Une seconde opératrice a été la cible du même utilisateur de Twitter, qui a là encore diffusé son identité sur les réseaux sociaux. Elle raconte au téléphone au Monde, en larmes, dormir deux heures par nuit, se "réveiller en pleurs". Par crainte de menaces, elle ne sort pas. Une peur qui a aussi contaminé son mari, qui craint pour elle. "Je ne sais pas comment je tiendrai le coup", dit-elle.


Une troisième salariée a aussi prise à partie sur les réseaux sociaux : une photo d’elle illustrait en effet les menaces portée contre la seconde opératrice. Elle non plus n’est pas en cause, ne travaillant pas ce jour-là. Elle raconte les insultes au Monde : "On me souhaite de mourir carbonisée dans ma voiture, d’être séquestrée et battue à mort, de crever comme un animal (...) On me traite de fasciste, on me dit que la haine se lit sur mon visage." Elle prend des médicaments et ne dort plus. Et là aussi, elle craint de sortir de chez elle, au point de ne plus oser faire les courses. Lors d’une sortie récente au restaurant avec son compagnon et sa fille, elle a vu des clients la montrer du doigt, et sortir leur portable. Du coup, elle ne sort plus. Et va quitter son travail. "Je n’ai plus envie d’exercer ce boulot, que j’aime tant", raconte-t-elle.

D’après le quotidien, les trois femmes ont porté plainte auprès de la gendarmerie, mais l’internaute qui a divulgué leurs données personnelles n’a pas encore été identifié.


L’opératrice qui a pris l’appel de Naomi, vit également un enfer. Depuis la révélation de l'affaire, elle vit cloîtrée chez elle. Dans l'émission 66 Minutes de M6, cette femme suspendue à titre conservatoire par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) après la diffusion de l'enregistrement de sa conversation avec la jeune femme décédée se dit "lynchée sur la place publique". 


"Je pense que si les gens connaissaient mon visage et mon nom, je ne serais plus de ce monde aujourd’hui", témoigne-t-elle par téléphone à la journaliste de la chaîne.  Plusieurs plaintes ont été déposées par des agents du Samu du Bas-Rhin à la suite de menaces. 

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