Mort de Naomi Musenga : "Je suis lynchée sur la place publique", l’opératrice du Samu sort du silence

Mort de Naomi Musenga : "Je suis lynchée sur la place publique", l’opératrice du Samu sort du silence

FAITS DIVERS
EXPLICATION - L'opératrice du Samu qui n'avait pas pris au sérieux l'appel de Naomi Musenga, décédée quelques heures plus tard, est pour la première fois sortie de son silence dans une émission de M6. Cloîtrée chez elle depuis la révélation de l'affaire, elle regrette sa phrase "malvenue" et déplore des conditions de travail "pénibles".

Depuis la révélation de l'affaire, elle vit cloîtrée chez elle. L'opératrice du Samu qui n'a pas pris au sérieux l'appel à l'aide de Naomi Musenga, morte quelques heures plus tard, sort pour la première fois de son silence. Dans l'émission 66 Minutes de M6, cette femme suspendue à titre conservatoire par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) après la diffusion de l'enregistrement de sa conversation avec la jeune femme décédée se dit "lynchée sur la place publique". 


"Je pense que si les gens connaissaient mon visage et mon nom, je ne serais plus de ce monde aujourd’hui", témoigne-t-elle par téléphone à la journaliste de la chaîne.  Plusieurs plaintes ont été déposées par des agents du Samu du Bas-Rhin suite à des menaces. Si l'opératrice concède une phrase "malvenue" lorsqu'elle a répondu à Naomi Musenga, elle évoque également les conditions "pénibles" dans lesquelles, selon elle, elle travaillait. La jeune femme de 22 ans était décédée fin décembre "d'une défaillance multi-viscérale", quelques heures après avoir appelé le Samu en raison d'intenses maux de ventre. L'opératrice du Samu, sur un ton moqueur, l'avait invitée à contacter SOS Médecins. "Oui vous allez mourir, certainement un jour comme tout le monde", lui avait-elle notamment répliqué alors que la jeune femme semblait à bout de souffle.

"Dans les conditions... on va dire que (cette phrase) est malvenue"

"Dans les conditions que… on va dire qu’elle (cette phrase) est malvenue", balbutie ainsi l'opératrice à la question de savoir si elle regrette ses propos. "Ça suffit de porter le chapeau pour le système", poursuit-elle également. "On est sous pression en permanence, on travaille en douze heures d’affilée, c'est des conditions de travail qui sont pénibles. Je peux rester deux ou trois heures accrochées à mon téléphone parce que je n'ai pas le temps de me lever tellement, ça déborde de partout, détaille-t-elle. Quand on passe en procédure dégradée parce qu’il y a beaucoup plus d’appels que de monde censé les gérer. On n’y arrive pas. On raccroche et on décroche."


Christophe Gautier, le directeur général des hôpitaux universitaires de Strasbourg, évoque de son côté une "journée de travail ordinaire" et des conditions qui "n’étaient pas exceptionnelles", parlant de l'"hypothèse d'une faute individuelle". Des enquêtes administrative et judiciaire ont été ouvertes par les HUS et le parquet de Strasbourg. L'Inspection générale des affaires sociales a été saisie. La famille de la victime a déposé plainte pour "non-assistance à personne en danger" et "mise en danger de la vie d'autrui", contre les HUS et contre X.

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