Mort de Naomi Musenga : que sait-on de l'opératrice au cœur des interrogations ?

ÉCLAIRAGE - Qui est l'opératrice téléphonique du Samu qui a répondu à Naomi Musenga au téléphone le 29 décembre dernier ? Quelles étaient ses conditions de travail ce jour-là et peuvent-elles expliquer l'issue tragique de son échange avec la jeune femme décédée quelques heures plus tard ? Eléments de réponse.

L'opératrice du Samu qui a répondu à Naomi Musenga le 29 décembre dernier a été suspendue à titre conservatoire. Alors qu'une enquête préliminaire a été ouverte ce mercredi pour faire la lumière sur le décès fin décembre de Naomi Musenga, le rôle de l'opératrice qui a "raillé" la jeune femme souffrante et ses conditions de travail seront scrupuleusement analysées.


En attendant les conclusions des différentes enquêtes lancées, Christophe Gautier, directeur des hôpitaux universitaires de Strasbourg, a déclaré ce jeudi à LCI que la charge de travail était "normale" ce 29 décembre 2017. "Je peux à ce stade, pratiquement avec certitude, vous dire que les conditions de travail étaient des conditions normales", a-t-il avancé, ajoutant toutefois que la journée avait pu être marquée par "une densité d’appels". "Nous connaissons tous l’activité soutenue qui est celle du Samu des centres d’appel. Mais il n’y avait pas, ce jour, de conditions particulières ou exceptionnelles." 

De retour de congés

Par ailleurs, le responsable hospitalier a démenti l'information selon laquelle l'opératrice en cause travaillait ce jour-là car elle remplaçait au pied levé un collègue malade. Selon Christophe Gautier, l'opératrice, de retour de quinze jours de congés, effectuait ce jour-là sa deuxième journée de travail consécutive. L'appel, lui, a été pris "trois heures après le début de la prise de poste". 


La version présentée par l'avocat de l'opératrice, Me Olivier Grimaldi, vendredi soir sur BFMTV est légèrement différente : "Elle avait bien sûr fait une journée de 12 heures le 26", dit-il, rappelant qu'en "Alsace c’est un jour férié, donc c’est un jour difficile. Ensuite, elle a travaillé deux jours consécutifs, et elle était sur la fin de son cycle de trois jours le 29 décembre." Il a évoqué les conditions de travail "difficiles" de la profession, confrontée à "2.000 appels par jour", même si, précise-t-il, ces chiffres "n'excusent rien".

Concernant le profil de la mise en cause, il est établi que celle-ci était une femme d'expérience, âgée d'une cinquantaine d'années. En poste depuis 2009-2010 selon son avocat, elle avait été ambulancière vingt ans durant. Rompue, donc, aux situations d'urgence,  "cette opératrice a été formée comme tous nos auxiliaires de régulation médicale. C’était une opératrice expérimentée et à ce stade il n’y a pas de facteur de fond qui puisse expliquer ce qui apparaît comme un manquement grave à une procédure", a aussi estimé Christophe Gautier. Interrogée ce jeudi matin par France Inter, une source syndicale a fait savoir que l'opératrice "a pris conscience de la gravité de ce qu'elle a fait" et qu'elle était "effondrée".

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