Mort de Rémi Fraisse : violents incidents lors de manifestations à Nantes et Toulouse

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MANIFESTATION – Au moins cinq personnes ont été blessées samedi dans des affrontements qui ont éclaté en marge d'un défilé à Nantes. Des heurts qui ont aussi touché Toulouse. Selon Bernard Cazeneuve, 34 interpellations ont eu lieu dans les deux villes.

Quand la violence s’ajoute à la violence. Six jours après la mort de Rémi Fraisse, un opposant au barrage contesté de Sivens dans le Tarn tué par une grenade offensive selon les analyses du sac à dos du jeune homme, au moins cinq personnes ont été blessées lors de violents incidents qui ont éclaté samedi après-midi à Nantes lors d'un défilé contre les "violences policières".

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Trois manifestants ont été atteints aux jambes, l'un par un coup de matraque, et deux par des éclats de grenades de désencerclement, selon les journalistes de l'AFP sur place. Deux membres de forces de l'ordre ont été légèrement blessés selon la préfecture. 21 personnes ont par ailleurs été interpellées par les policiers dans cette ville selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Des bouteilles d'acide lancées sur les forces de l'ordre

Peu après 16h30 les heurts se poursuivaient entre plusieurs centaines de manifestants, certains lançant des bouteilles et des fusées de détresse, les forces de l'ordre répliquant par des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Elles ont aussi tiré des balles de caoutchouc touchant un manifestant dans le dos.

"Les manifestants ont lancé des bouteilles remplies d'acide sur les forces de sécurité", a déclaré le préfet de Loire-Atlantique Henri-Michel Comet. "Un policier a été blessé par l'une de ces bouteilles", a-t-il précisé. A Nantes, le calme semblait toutefois être revenu en début de soirée.

800 personnes rassemblées à Nantes

Un peu plus tôt, environ 800 personnes avaient commencé à se rassembler sous haute surveillance policière à l'appel de mouvances radicales anti-capitalistes. Réunis près de la préfecture en début d'après-midi, les manifestants, parmi lesquels de nombreux opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, répondaient à l'appel des organisateurs qui entendent "exiger l'arrêt des meurtres et mutilations perpétrées par l'Etat".

" Combien faudra-t-il de mort(es) pour que nous désarmions enfin la police", questionnaient-ils dans un communiqué. Certains des manifestants avaient le visage masqué et défilaient aux cris de "La police mutile, la police assassine". Passant devant l'important dispositif policier, ils ont scandé "assassins " ou encore "police nationale, milice du capital".

La manifestation dégénère aussi à Toulouse

Une manifestation à la mémoire de Rémi Fraisse a aussi dégénéré à Toulouse. Vers 17h30, des jeunes gens très mobiles, le visage parfois masqué, harcelaient les CRS par des invectives et des jets de projectiles en différents points du centre-ville. Les forces de l'ordre chargeaient et faisaient usage de gaz lacrymogènes.

Sur une grande artère du centre de Toulouse, la devanture d'une agence bancaire a été brisée à la masse tandis que des distributeurs automatiques bancaires ont été vandalisés et des poubelles incendiées. Les manifestants au nombre de 600 selon la police au plus fort du rassemblement ont été contenus sur la Place du Capitole par des dizaines de policiers. 13 personnes ont été interpellées à Toulouse selon le ministre de l'Intérieur.

Plusieurs autres manifestations se se sont déroulées samedi à Lille, Nice et Dijon où des heurts violents ont aussi eu lieu dans la ville. Un sit-in pacifique doit par ailleurs être organisé dimanche à Paris.

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