Mort de trois ados en Haute-Loire : un jeu d'Airsoft qui a mal tourné ?

FAITS DIVERS
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FAIT DIVERS – Un mélange chimique pour fabriquer des fumigènes serait à l'origine de l'explosion d'une maison abandonnée dans laquelle sont morts trois adolescents samedi, dans un village près de Saint-Etienne. Un quatrième garçon se trouve encore dans un état grave.

Partir en guerre, mais pour de faux. Voilà ce que semblaient projeter les quatre adolescents victimes samedi d'une explosion à Bas-en-Basset, en Haute-Loire. Trois des quatre garçons, âgés de 14 à 16 ans, y ont trouvé la mort. Le dernier, hospitalisé à Saint-Etienne, se trouve toujours dans un état grave.

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Selon les premiers prélèvements effectués dans la bâtisse abandonnée, située dans le hameau de Ranchevoux, des traces "importantes d'acétone et d'acide chlorhydrique" ont été retrouvées. Ce serait ce mélange "non maîtrisé" par les adolescents, qui aurait causé l'explosion, a indiqué ce dimanche le vice-procureur de la République du Puy-en-Velay, Yves Dubuy.

Des recettes sur Internet

Avec ce cocktail, les apprentis chimistes ont voulu, semble-t-il, fabriquer des fumigènes artisanaux pour se lancer dans une partie de jeu de guerre de type "Airsoft", un loisir cousin du paintball. A base de répliques d'armes chargées de billes en plastique et de tenues de camouflage ou de jeux vidéo, les parties d'Airsoft peuvent durer une journée entière.

Tout ce matériel est en vente libre, conformément à la réglementation. Mais pour plus de réalisme, les joueurs plébiscitent parfois l'utilisation de grenades ou de fumigènes. Une tendance dont s'est emparé le Web, au mépris des règles de sécurité. "J'ai eu la surprise de découvrir des recettes complètes sur Internet, sur des sites irresponsables de jeu de type 'Airsoft'", a dénoncé le vice-procureur de la République, se désolant de voir des "enfants victimes d'un jeu imbécile, conseillés par des irresponsables".

"Poursuivre le blogueur"

Alors qu'une information judiciaire a été ouverte pour "recherche des causes de la mort", le parquet du Puy-en-Velay a indiqué qu'il n'excluait pas de poursuivre le blogueur ayant mis en ligne la recette pour fabriquer ces fumigènes. A condition qu'il puisse être identifié, prévient le vice-procureur pour La Montagne .

De son côté, la Fédération Française de Airsoft , créée en 2009, s'est émue de ce drame. Dans un communiqué , la FFA, qui compte plusieurs milliers d'adhérents répartis dans comités territoriaux, a tenu à "présenter ses condoléances aux familles des victimes du drame" et à rappeler qu'elle oeuvrait pour une pratique "responsable" du Airsoft.

"Malheureusement on trouve sur Internet beaucoup de vidéos qui apprennent à des personnes à faire des fumigènes, voire des bombes artisanales qui sont en général faites avec des produits instables, a regretté Benoît Marius, le président de la FFA, sur BFMTV. Ce sont des choses qu'on encourage surtout à ne pas faire".

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