Nabilla condamnée à 6 mois de prison : quand la nonchalance s'invite à la barre

FAITS DIVERS

COMPTE-RENDU D’AUDIENCE - Nabilla ne retournera pas en prison. En la condamnant ce jeudi 19 mai à six mois de prison ferme, une peine aménageable, le tribunal correctionnel de Nanterre a décidé de laisser une chance à la jeune femme, qui comparaissait pour avoir poignardé, à deux reprises, son compagnon. Metronews, sur place, revient sur cette audience un brin particulière, compte tenu des personnalités de la prévenue et de sa victime présumée.

"Même si ce dossier est extraordinaire, il faut juger Nabilla comme une personne lambda." Après plusieurs heures d'audience, le tribunal correctionnel de Nanterre a rendu sa décision, ce jeudi 19 mai, en fin de journée. Reconnue "coupable" des deux délits qui lui étaient reprochés, la jeune femme a été condamnée à six mois de prison ferme. Sachant qu'elle a déjà effectué un mois de préventive, le reste de sa peine pourra être aménagé, a précisé le président. Traduction : Nabilla ne retournera pas en prison.

La jeune femme de 24 ans l'a échappé belle : elle risquait tout de même sept ans de prison pour avoir, en 2014, poignardé à deux reprises son compagnon. S'en est-elle seulement rendue compte, à un seul instant ? Rien n'est moins sûr, à l'issue des débats qui, l'air de rien, laissent un drôle de sentiment. Notamment celui que ce couple, au regard de son attitude, est passé "à côté" de son procès, ne réalisant jamais vraiment la gravité des faits. Et cette certitude qu'ils n'ont pas livré leur vérité.

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"Vous voulez que je la refasse ?" 

Les justifications auront été floues, prononcées mollement. Elle, sobre, s’exprime d’une petite voix, telle une enfant. A un moment, toutefois, un éclair de sincérité, quand un juge la questionne sur son enfance. L'itinéraire de la jeune femme fait alors sens. Un divorce parental alors qu'elle est encore jeune. Une mère qui la délaisse pour "vivre sa vie". L'abandon de l'école en classe de 4e, dans l’indifférence parentale. Puis une nouvelle vie, plus excitante, qui s’ouvre : le mannequinat, puis la télévision.

Elle s’est fait connaître en jouant l’idiote. L'est-elle vraiment, elle qui mène d'un bras de fer sa communication depuis qu'une simple phrase l'a propulsée sur le devant médiatique ? A son procès, en tout cas, elle aura tenté de rejouer cette carte, si facile. Questionnée avec sérieux sur son fameux "Allô, non mais allô", elle répondra, l’air de rien, au juge: "Vous voulez que je le refasse ?" Ou quand le procureur lui demande : "Mais qui, de vous deux, faisait bouillir la marmite ?" "Vous voulez dire qui faisait à manger ?" Puis elle se rassoit sur sa chaise, très occupée qu'elle est, à se peigner les cheveux à l'aide de ses ongles manucurés. 

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Snapchat depuis la salle du tribunal

Thomas Vergara, lui, pousse la partition encore plus loin. C'est très sûr de lui que le jeune homme est arrivé à l'audience ce matin, blouson de cuir sur le dos, houppette sur la tête. Il est là, confortablement installé sur sa chaise, à mâcher frénétiquement sa gomme. Il faut bien s'occuper. Il faut bien tuer le temps, encore, pendant la pause déjeuner. Alors quoi de mieux que d'envoyer des ies depuis la salle du tribunal sur son compte Snapchat ? Et puis tiens, juste avant la décision du tribunal, pourquoi ne pas faire une petite vidéo, pour les "fans" ? 

Difficile de demander à être jugé comme un citoyen normal, quand on peine à se comporter de la sorte. Mais peut-être qu'il est difficile de sortir de sa bulle quand on a trop baigné dedans. Après tout, ils l'ont bien expliqué, leur monde à eux est à part, fait de "pression médiatique", de "trahison en tout genre". "On a vécu des choses qui dépassent ce qu'on devrait vivre normalement", explique Nabilla à la barre. "Le fait d'être épiés, harcelés constamment. Ça fait un mal-être, ça crée de la violence, on est pas bien" précise-t-elle pour éclairer cette nuit où, à Boulogne, elle a porté un coup de couteau de cuisine dans le thorax de son compagnon. Mais le couple l'assure : il a radicalement changé et cette épreuve les a renforcés. "On [ne] cherche plus à être médiatisés". Dommage, on n'avait pas remarqué. 

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