Coups au visage, ligotages et humiliations : deux institutrices soupçonnées de maltraitances sur des élèves de maternelle

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ENFANTS - A l'issue du combat de deux mamans d'élèves de l'école Paul-Valéry de Neuilly-sur-Marne, une dizaine de parents ont porté plainte. Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny. Les auditions des enfants ont débuté vendredi, selon les informations de LCI.

Même les nostalgiques du bon vieux coup de règle sur les doigts auront de quoi être horrifiés. Une enquête a été ouverte le 2 novembre par le parquet de Bobigny sur la base de déclarations de parents d'élèves faisant état de soupçons de maltraitances dans une école maternelle de Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis, selon les informations de LCI. 


L'enquête a été confiée à la sûreté territoriale du département. Les faits ne sont pas formellement établis, mais la justice a considéré les témoignages des parents comme assez crédibles pour demander aux policiers d'enquêter. Sept plaintes ont été déposées concernant neuf enfants. Les auditions des enfants ont commencé et doivent se dérouler également samedi et lundi, selon une source proche de l'enquête. À chaque fois, les parents sont aussi entendus par les enquêteurs.

L'ensemble du personnel enseignant de l'école maternelle Paul-Valéry, ainsi que les anciens enseignants, doivent aussi être entendus. C'est seulement après ces auditions que la directrice et l'institutrice mises en cause seront convoquées.


Toutes deux ont par ailleurs déjà été suspendues jeudi "à titre conservatoire, par mesure de précaution" par le rectorat de Créteil. 

À l'origine, selon Le Parisien, ces sont deux mamans qui ont donné l'alerte, après avoir recueilli les témoignages d'autres parents. Un enfant bâillonné avec du ruban adhésif et "attaché à un appareil de motricité", un autre frappé au visage et au ventre, un troisième dont les oreilles ont été tirées si fort qu'elles ont été décollées, un "placard aux sorcières" pour enfermer des élèves... les enfants concernés, âgés de 3 à 5 ans, ont été traumatisés : bégaiements, comportements violents, ou encore des terreurs nocturnes, selon les interviews réalisées par le quotidien auprès de parents ayant porté plainte. 


Certains faits relatés remonteraient à quelques années et ont mené des petits tout droit chez le pédo-psychiatre. "Je pensais que mon fils faisait des crises à cause de l'arrivée de sa petite sœur", regrette notamment une mère de famille auprès du Parisien. Des rendez-vous avec les institutrices n'avaient mené à rien, celles-ci démentant ou justifiant les violences.  

C’est la maîtresse qui m’a tapé sur la têteUne maman rapporte le récit de sa fille

Au micro de LCI, des mères témoignent. "Ça a commencé quand une maman m’a dit que son fils s’était fait baffer. J’ai commencé à interroger mes enfants. Mon fils m’a dit : 'la maîtresse tape (...). Elle tire les oreilles, elle tire les cheveux, elle donne des coups de pieds, elle met des claques''',  confie la jeune femme.


Une autre évoque des "torgnoles", à savoir des tapes derrière la tête de sa fille. "Elle avait mal à la tête. Elle a mimé la torgnole et m'a dit : 'C’est la maîtresse qui m’a tapée'. Il y a une manière d’agir dans cette école qui fait que les enfants sont déstructurés", s'insurge-t-elle.  

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Neuilly-sur-Marne : deux institutrices soupçonnées de maltraitances sur des élèves de maternelle

C'est d'autant plus déroutant qu'elles étaient souriantes et plutôt sympasSara, maman d'un élève de l'école Paul-Valéry

"C'est d'autant plus déroutant qu'elles étaient souriantes et plutôt sympa". "Personne n'aurait pu les imaginer commettre des violences", explique Sara, une des mamans à l'origine de l'enquête, au Parisien. Interrogées par des parents, la directrice a nié les faits, quand les aides-éducatrices (Atsem) présentes en classe semblaient en effet inquiètes, selon son témoignage. 


Du côté de l'Education nationale, on se refuse à tout commentaire. "Les deux professeurs sont suspendues à titre conservatoire mais cela ne préjuge en rien de leur culpabilité", se défend-on au cabinet de directeur académique. Cela permet de protéger la présomption d'innocence et de ramener de la sérénité dans l'école", a-t-on déclaré au Parisien

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Najat Vallaud-Belkacem : " nous avons pris la décision de suspendre la directrice d'école et l'enseignante"

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