Nouveau nom dans l’affaire Omar Raddad : "Il n’y a aucune certitude scientifique pour l’instant"

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INTERVIEW - Une des traces ADN relevées sur des scellés de l'affaire Omar Raddad pourrait correspondre à une empreinte génétique enregistrée dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques. Le procureur de la République de Nice évoque "un soupçon" qui doit cependant encore être confirmé scientifiquement. Explications.

LCI : Nos confrères de 20 minutes ont révélé ce jeudi qu’une correspondance avait été établie entre un ADN retrouvé sur la scène du crime de Ghislaine Marchal en 1991 et le Fichier national des empreintes génétiques. Pouvez-vous nous donner des précisions ?

Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice : Il s’agit d’un retour du fichier national automatisé des empreintes génétiques indiquant que l’une des traces identifiée sur l'une des portes de la maison de Ghislaine Marchal semble correspondre à une personne inscrite sur ce fichier. Il n’y a pour l’instant absolument aucune certitude scientifique là-dessus. Il faut que cela soit formellement validé par le laboratoire. J’attends maintenant une réponse de l’Institut Génétique Nantes Atlantique. Elle devrait être connue dans les prochains jours.

LCI : Que se passera-t-il si cette correspondance est avérée?

Jean-Michel Prêtre : Il faudra ensuite savoir à quelle occasion, quand et à quel moment cet ADN a pu être apposé. Depuis 1991, les portes de cette maison ont été manipulées et transportées à maintes reprises. On peut imaginer que cet ADN soit celui d'un enquêteur par exemple. Si en revanche, l'ADN était celui d'une personne qui n'a pas été un protagoniste actif de l'enquête, ou d'un procès, il restera ensuite déterminer à quel moment cet individu a touché l'objet : avant, pendant le meurtre, ou après le meurtre...

De nouvelles auditions

LCI : Vous avez refusé de donner des précisions sur l’identité de la personne identifiée sur le Fnaeg et sur son profil. Aviez-vous connaissance de ce nom avant ces nouveaux éléments ?

Jean-Michel Prêtre : Aujourd'hui, nous avons juste une première indication qui se limite à un enregistrement du Fnaeg qui peut correspondre. Je n'en dirai pas plus.

LCI : Selon nos informations, des témoins auditionnés au début de l'affaire auraient été de nouveau entendus récemment. Pouvez-vous confirmer ?

Jean-Michel Prêtre  : Il ne s'agit pas exactement de témoins. Nous devions retrouver des personnes qui étaient à l'époque dans l'entourage de Madame Marchal et qui étaient désignées par l'avocate de monsieur Raddad, Me Sylvie Noachovitch, comme étant intéressantes à comparer. L'affaire remontant plus de 25 ans, cela a pris beaucoup de temps pour les retrouver. Nous ne savions pas si ces personnes étaient encore en vie, où elles étaient domiciliées... Nous avons aujourd'hui un ADN qui "matche" au Fnaeg. Quand nous aurons les résultats du laboratoire, s'ouvrira alors une nouvelle étape... ou pas.

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