Paris : de faux agents municipaux volent des mosaïques du street-artist Invader, en plein jour

FAITS DIVERS

OSÉ - Deux voleurs, déguisés en agents de la mairie de Paris, se sont emparés d'une dizaine de mosaïques du célèbre artiste Invader. Un vol en toute impunité, en plein jour, rapidement dénoncé sur les réseaux sociaux. La Ville va porter plainte, mais en attendant, les vandales courent toujours.

Il en existe près de 1000 dans la capitale. Ces petites mosaïques évoquant les jeux vidéo des années 70 et 80, tout en pixels, ont envahi les rues de Paris dans les années 1990 et font désormais partie du décor. Son auteur : Space Invader, un street-artiste français, renommé dans le monde entier. 

Mais ses œuvres n'attirent pas que les badauds. Elles sont aujourd'hui la cible de voleurs. Il faut dire que de petites pièces peuvent valoir une fortune, la galerie en ligne Artsper en propose pour 12.000 euros. Ces derniers jours, une dizaine d'entre elles manquent à l'appel, dérobées par une bande de vandales aux méthodes peu orthodoxes. Les deux hommes ont agi en plein jour, armés d'une échelle. Pour tromper les passants, ils se faisaient passer pour des agents municipaux. Un simple gilet jaune fluo leur servant de couverture.

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Au départ, les Parisiens qui les ont croisés ont cru que la mairie de Paris avaient décidé de retirer ces œuvres et s'en sont offusqué. Mais la Ville a rapidement démenti. "Nous avons eu vent de l’affaire sur les réseaux sociaux en voyant une photo prise par un journaliste", nous explique-t-on. Ajoutant que "ce sont les agents de la Circonscription fonctionnelle de la DPE qui pilote les activités de désaffichage/ dégraffitage". Or ces derniers portent un uniforme bien spécifique, vert. Et de souligner que les deux personnes repérées "ne sont pas en uniforme et (que) les conditions de sécurité ne sont pas respectées." 

L'artiste Space Invader, lui-même, a également été alerté par des Twittos et a rapidement alerté sur ces vols sur sa page Facebook.

Mais que fait la police ?

Depuis, les internautes ont pris en chasse les deux voleurs, multipliant les clichés et allant jusqu'à relever leur plaque d'immatriculation, une Mercedes, tout de même. Certains interpellent la Mairie, d'autre les forces de l'ordre. Le problème : il s'agit là d'œuvres de street art, l'artiste n'a jamais eu d'autorisation officielle pour les coller. Bien souvent, Space Invader a agi masqué, de nuit. Si la mairie de Paris se réjouit de les accueillir, elle n'en est donc ni la propriétaire, ni la gardienne. "C’est aussi le principe du street-art de ne pas avoir forcément d’autorisation", reconnait-on à la mairie. Alors "on ne les 'préserve' pas. Les artistes savent bien qu’avec le temps, elles peuvent se détériorer ou être détruites en raison par exemple de travaux", regrettant que "la législation est un peu compliquée dans le domaine." 

Alors que faire ? L'artiste peut porter plainte mais il a peu de chance de faire condamner les voleurs. Déjà en 2003, deux personnes avaient tenté de dérober une mosaïque dans le IIIe arrondissement de Paris. Space Invader les avait trainés en justice … sans succès. Les vandales s'en étaient sortis avec un simple rappel à la loi.

Du côté de la mairie, on a tout de même décidé de passer à l'offensive. Une plainte va être déposée "contre X au titre de l’usurpation de fonctions". Le préjudice d'image était également envisagé ce vendredi après-midi.

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