Paris : un infirmier se suicide "par défenestration" à l'hôpital Georges Pompidou

Paris : un infirmier se suicide "par défenestration" à l'hôpital Georges Pompidou
FAITS DIVERS

DRAME - Un infirmier s'est suicidé "par défenestration" dans la nuit de dimanche à lundi à l'hôpital européen Georges Pompidou de Paris. Il y a un an, un cardiologue de l’établissement s’était donné la mort de la même manière.

Est-ce les conditions de travail qui ont provoqué ce geste tragique ? L’enquête le dira. Dans la nuit de dimanche à lundi, un infirmier s'est défenestré à l'hôpital européen Georges Pompidou, à Paris. Les faits ont été annoncés lundi par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le drame survient plus d'un an après qu'un cardiologue de l'établissement s'était donné la mort de la même manière. 

"Cet infirmier travaillait habituellement en équipe de suppléance de nuit", indique l'AP-HP dans son communiqué, précisant qu'"il n’était pas de service cette nuit-là" et que "sa compagne a été reçue dans la nuit". Un CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, ndlr) extraordinaire de l’hôpital "va se tenir en fin de matinée, en présence du Directeur général de l’AP-HP Martin Hirsch". Pour l’heure la direction de l’hôpital européen a lancé une enquête interne et la cellule d’analyse des suicides est saisie.

Un écho au suicide de cinq infirmiers en France cet été

En outre, une cellule d'écoute et d'accompagnement a été mise en place, pour les agents qui en ressentiront le besoin. Aucune autre information n'était disponible dans l'immédiat, mais le drame rappelle celui qui avait secoué l'établissement du XVe arrondissement il y a un peu plus d'un an. Dans un communiqué envoyé en début d'après-midi, la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a indiqué qu'elle "s’associait à la douleur de sa famille et de ses proches", et qu'elle leur "adressait ses plus sincères condoléances". Elle souhaite que "toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès", et demande que "les premiers résultats de l'enquête soient rendus dans les meilleurs délais".

Le 17 décembre 2015, le cardiologue Jean-Louis Mégnien, 54 ans, s'était lui aussi jeté par la fenêtre d'un étage de l'hôpital Pompidou, où il était revenu travailler depuis trois jours, après neuf mois d'arrêt maladie. Selon ses proches, il était victime de harcèlement de la part de sa hiérarchie. Son épouse avait déposé une plainte pour harcèlement moral auprès du parquet de Paris, qui a ouvert une information judiciaire le 19 février. A l’époque, saisie par la ministre de la Santé Marisol Touraine, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait pointé des manquements dans le traitement du conflit qui a conduit au geste du professeur, parmi lesquels "l'absence de signalement" sur sa souffrance. "Une majorité des mesures recommandées par l'Igas est en cours de mise en place par l'AP-HP", avait assuré en septembre 2016 le CHU.

Le drame survenu dans la nuit de dimanche à lundi fait également écho aux suicides d'au moins cinq infirmiers en France cet été qui ont ému la communauté soignante. Face au malaise, Marisol Touraine a dévoilé début décembre un plan pour l'amélioration de la qualité de vie au travail des hospitaliers et nommé en janvier un médiateur national. Un plan qui reste, pour le personnel soignant, largement insuffisant. 

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