"Il a pris quatre à cinq boules de pétanque sur la tête" : des riverains racontent comment ils ont désarmé l'agresseur au couteau

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TÉMOIGNAGES - Un Afghan d’une trentaine d’années a agressé plusieurs personnes dimanche soir dans le 19ème arrondissement de Paris. Muni d’un couteau et d’une barre de fer, il a blessé sept personnes avant d’être maîtrisé par des passants. Des habitants du quartier et des témoins de la scène racontent.

"J’ai entendu des gens qui hurlaient, qui criaient", nous raconte Smaïn, un Algérien âgé de 46 ans de passage à Paris, présent ce dimanche 9 septembre au soir, aux abords du canal de l'Ourcq. Dans ce quartier très animé du 19ème arrondissement de la capitale, les Parisiens ont l'habitude de flâner, de jouer à la pétanque ou de boire un verre à l'une des nombreuses terrasses. Un peu avant 23 heures, deux jeunes femmes  lui indiquent qu'il y a "quelqu’un qui poignarde des passants dans le quartier." 


En effet, un jeune homme muni d'une barre de fer et d'un couteau s'en est pris à des personnes qu'il ne connaissait pas. " J'ai vu homme qui me semblait très nerveux, au début je n'ai pas compris ce qu'il se passait, puis j'ai vu un corps ensanglanté qui gisait au sol", rapporte cet ancien agent de sécurité. "Puis il s’est dirigé vers la piscine sur le canal. C’est là qu’il a commencé à taper avec une barre de fer, après il a poignardé quelqu’un." 


Smaïn décide alors d'agir. Il rejoint un groupe de "quatre jeunes qui jouaient à la pétanque" et qui est déjà à sa poursuite. " Il avait un long couteau de cuisine de 25-30 cm. Il était tout neuf. Il y avait encore l'étiquette dessus.",  précise le quadragénaire à LCI.

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Attaque au couteau à Paris : retour sur les faits

L'homme parvient à s'enfuir et arpente la rue Henri Henri Nogueres."C’est à ce moment-là qu’il a croisé la route de deux Anglais. Les jeunes criaient 'Attention, couteau !' Mais les Anglais n’ont pas compris les cris des gars… et il les a poignardés", poursuit Smaïn. Un habitant du quartier nous explique que l'agresseur a alors tenté de poursuivre sa fuite. "Ce que j’ai fait, j’ai appelé les gens qui le recherchaient en leur disant qu’il était là", nous raconte –t-il. "Ils lui ont sauté dessus et ils l’ont attrapé", avant de reconnaître : "ils l'ont rossé un peu".  


En effet, le groupe de poursuivants lui lance une palette cassée sur le dos et des boules de pétanque au niveau du crane. "Il n'a même pas bronché, ce n’est pas possible de tenir comme il a tenu alors qu’il a été touché plusieurs fois par des boules de pétanques, des coups de barre de fer, de bâton, c'était pas humain", livre Smaïn, complètement estomaqué. Ce dernier lui assène alors un coup sur la main à l'aide d'un bâton en bois. "J’ai réussi à lui faire lâcher son arme puis je l'ai étranglé pour l'immobiliser. C'est comme ça qu'on  l’a neutralisé", indique t-il. La BAC est arrivé quelques minutes après et a interpellé l'agresseur, un Afghan d'une trentaine d'années.


"Il n’a rien dit même quand on l’a attrapé, certains lui ont demandé 'pourquoi t’as fait ça ?', mais il n’a pas répondu", poursuit-il "Même au moment de l’attaque, il n’a pas prononcé un mot. Il avait l’air drogué".


L'enquête, pour tentatives d'homicides volontaires, a été confiée au 2e District de la police judiciaire,  la piste terroriste est pour l'heure écartée.

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