Perpignan : huit ans de prison pour avoir abattu son mari après 47 ans d'enfer conjugal

FAITS DIVERS
PROCES - Une femme a été condamnée mercredi 9 novembre à huit de prison par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales pour le meurtre de son mari violent. Elle lui a tiré une balle dans la tête après des décennies d'insultes et de coups.

"Les coups au début, ce n'était pas permanent, je pensais que ça allait changer", assurait ce lundi Béatrice Marion, lors du premier jour d'audience de son procès à Perpignan. Accusée d'avoir assassiné d'une balle dans la tête son époux violent, la sexagénaire a été condamnée à huit ans de prison par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. L'homme, qui avait sombré dans l'alcoolisme depuis plusieurs années, l'insultait et la battait régulièrement depuis 47 ans. Quinze ans de réclusion criminelle avaient été requis contre l'épouse de 67 ans. 


L'accusée qui a toujours reconnu l'avoir tué avec le revolver qu'il lui avait offert, a expliqué avoir été coupée des siens et de tout contact avec leur fils, belle-fille et petites-filles, quand son mari "violent" s'était mis "à beaucoup boire". A partir de 2014, "c'est devenu catastrophique, il mélangeait l'alcool et les médicaments". "Il y a eu beaucoup de problèmes qui font que l'on est arrivé à cette catastrophe. J'ai fait ce geste que je regrette énormément", a-t-elle avoué.

J'avais l'impression de rêver, d'être une simple spectatriceBéatrice Marion

L'affaire remonte au 26 avril 2014, jour du 68ème anniversaire de la victime à Perpignan. La veille du meurtre, l'époux avait réveillé sa femme en pleine nuit en lui assénant des coups de poings sur le crâne, rapporte le journal local L'Indépendant. La police s'était déplacée à la demande de Béatrice Marion, qui avait par la suite passé la nuit dans un hôtel. Regagnant le domicile familial au petit matin, elle trouvait alors un homme "fou furieux".


"Il a répété qu'il allait me tuer, me saigner", alors "j'ai levé la main, j'ai tiré", a-t-elle affirmé ce mardi, lors du procès. La questionnant sur son ressenti après les faits, la sexagénaire a répondu : "J'étais inerte. Complètement vide. J'avais l'impression de rêver, d'être une simple spectatrice. Je n'ai pas perçu la détonation mais j'ai entendu le silence."

Une affaire qui rappelle celle de Jacqueline Sauvage

Bouleversée, Béatrice Marion signale alors les faits auprès des services de police, qui découvrent le corps de son époux gisant sans vie dans le salon familial. L'homme a été tué d'une balle dans la tête. 


L'affaire n'est pas sans rappeler celle de Jacqueline Sauvelage, condamnée en décembre 2015 à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent. Un jugement médiatique qui avait entraîné en France une importante mobilisation populaire et politique réclamant sa libération. Si l'accusée avait même bénéficié d’une grâce présidentielle en janvier 2016, la justice avait pourtant refusé sa libération conditionnelle.

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