Polémique sur la sécurité à Nice : le dispositif "pas sous-dimensionné" le soir de l'attentat selon l'IGPN

Polémique sur la sécurité à Nice : le dispositif "pas sous-dimensionné" le soir de l'attentat selon l'IGPN
FAITS DIVERS

POLICE DES POLICE - La patronne de l'IGPN, Marie-France Moneger-Guyomarc'h, a présenté mercredi après-midi à la presse les conclusions du rapport de la "police des polices" sur l'attentat de Nice. Moins de deux semaines après l'attaque au camion, marquée depuis par une vive polémique sur la responsabilité de la sécurité entre la police nationale et la police municipale, l'enquête administrative conclut qu'il y avait bien 64 policiers nationaux présents ce soir-là, et que le service d'ordre n'était "pas sous-dimensionné".

Chose promise, chose due. Le rapport très attendu de l'inspection générale de la police nationale (IGPN) sur le dispositif de sécurité à Nice le soir de l'attentat au camion, le 14 juillet, a été présenté ce mercredi après-midi. Depuis les locaux de la "police des polices", Marie-France Moneger-Guyomarc'h, la patronne de l'IGPN, a rendu public les conclusions de l'enquête administrative. 

"Le niveau de la menace était considéré comme classique"


Alors que depuis dix jours, une vive polémique a éclaté entre la police nationale et la police municipale, sur fond de querelles politiques partisanes, qui se renvoient la balle sur la responsabilité de la sécurité le soir du drame, le rapport confirme selon elle qu'il y avait bien 64 policiers nationaux chargés d'assurer la sécurité du feu d'artifice, un chiffre qu'avait contesté l'ex-maire de Nice Christian Estrosi. Côté policiers municipaux, ils étaient 42. Pour la police des polices, "le service d'ordre n'était pas sous-dimensionné" ce soir-là, où "le niveau de la menace était considéré comme classique".

Les polémiques "sont le fruit d'une mauvaise compréhension et interprétation des informations", a estimé Marie-France Moneger-Guyomarc'h, expliquant que "le risque zéro n'existe pas". Le rapport qu'a consulté metronews indique que le dispositif le soir du 14 juillet "a été bâti sur la base d'une appréciation globale de la menace terroriste privilégiant l'hypothèse d'agresseurs piétons et armés s'en prenant à la foule".

Pas de forces mobiles cette nuit-là

Dès lors, le "possible forcement du dispositif par un véhicule bélier [...] n'a [pas] conduit la préfecture, la DDSP et la mairie à travailler sur cette hypothèse". Si le nombre de policiers nationaux était d'environ 50% plus élevé qu'en 2015, le dispositif de sécurité n'a pas pu s'appuyer sur les forces mobiles - CRS ou gendarmes mobiles - déployées cette année sur d'autres sites, jugés plus "sensibles", notamment dans les quartiers Nord de Marseille, à Toulouse, Montpellier (départ de la 12e étape du Tour de France le 14 juillet), Carcassonne (500.000 spectateurs pour "l'embrasement" de la ville) et Avignon.

Le rapport pointe néanmoins des "incertitudes" dans la coordination entre policiers municipaux et nationaux. Plusieurs réunions en préfecture ont fait l'objet d'un compte-rendu. Mais deux autres ont été informelles. "Aucun compte-rendu ni relevé de décisions partagés entre les participants n'ont été établis, générant des interrogations quant aux rôles et engagements des uns et des autres", regrette l'IGPN. "Les relations entre policiers municipaux et nationaux à Nice sont aujourd'hui très dégradées. Il va falloir que ça change. Ils ne pourront pas continuer à se regarder travailler sur le terrain sans discuter ensemble", relève une source policière. Des liens qui mettront sans doute du temps à se renouer, après une si vive polémique.

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