Porte de Vincennes : le déchirant témoignage du père de l'étudiant qui s'en est pris au terroriste

FAITS DIVERS

PRISE D'OTAGE - Yoav Hattab, 22 ans, a été tué par Amedy Coulibaly dans le magasin casher Porte de Vincennes, après avoir tenté de neutraliser le terroriste. Son père a témoigné dimanche sur le plateau du journal de France 2.

Il avait envoyé son fils en France, où, pensait-il, il serait plus en sécurité. Mais le jeune homme, Yoav Attab, a été tué lors de la prise d'otages dans l'Hyper Cacher Porte de Vincennes, vendredi. Abattu après avoir tenté de s'en prendre au terroriste, Amedy Coulibaly. Le père a exprimé sa tristesse et son indignation dimanche, sur le plateau de France 2.

C'est peu avoir appris la présence de son fils dans les lieux du drame que ce rabbin de la synagogue de La Goulette à Tunis (Tunisie) a pressenti le pire. "Dès que j'ai entendu à la radio qu'il y avait un blessé jeune, j'ai compris qu'il était parti. Pourquoi ? Parce que mon fils est très courageux. Je me suis dit, il a peut-être essayé de se bagarrer."

"La France ne défend pas tellement ses citoyens"

Yoav Attav est en effet celui qui a tenté de s'emparer d'une arme du terroriste pour la retourner contre lui, selon des témoignages d'otages. "Un témoin m'a dit que le terroriste avait deux mitraillettes. Une sur lui, une à côté. Mon fils a pris la deuxième et a commencé à frapper [Amedy Coulibaly] avec. Malheureusement, ça n'a pas marché. Alors l'autre a déchiré mon fils avec des balles, je ne sais pas combien de balles."

"Tout ça pour quoi ? Parce qu'on nous appelle 'juifs'", a-t-il poursuivi, indigné. Le père est d'autant plus amer qu'en Tunisie, il dit n'avoir "jamais" eu de problème du fait de sa religion. "Même durant la révolution il n'y avait pas de problème. Nous sommes respectés par l'Etat et par les gens".

Aussi, interrogé par Marie Drucker sur l'ampleur de la mobilisation dimanche , le père n'en tire aucun réconfort. "En vérité, il faut de l'action, madame. La manifestation ne fait rien du tout. La France
ne défend pas tellement ses citoyens."
 

EN SAVOIR +
>> Notre dossier spécial sur les attentats

>> Le lourd bilan de la prise d'otages à Paris

 

Et aussi

Lire et commenter