Pourquoi l'assaillant de Marseille n'a-t-il pas été placé en centre de rétention ? Collomb veut savoir

FAUTE ADMINISTRATIVE ? - L'individu qui a tué deux jeunes femmes dimanche à la gare de Marseille aurait dû être placé en rétention dans le cadre d'une procédure de reconduite à la frontière la veille de l'attaque. Le ministre de l'Intérieur a saisi l'inspection générale de l'administration pour comprendre pourquoi il a été remis en liberté.

Il aurait dû être placé en rétention en vue d'une reconduite à la frontière.  Mais il a été remis en liberté. L'assaillant qui a tué deux jeunes femmes dimanche à la gare Saint-Charles à Marseille s'était fait arrêter vendredi pour vol à l'étalage à Lyon. Placé en garde à vue, cet étranger en situation irrégulière aurait dû faire l'objet d'une procédure d"expulsion. Mais un concours de circonstance en a décidé autrement.


"La personne de permanence à la préfecture du Rhône, ayant autorité pour signer l'Obligation de quitter le territoire (OQTF) et le placement en centre de rétention de l'assaillant de Marseille, était absente", ce qui a empêché la procédure d'arriver à son terme, explique une source proche de l'enquête citée par l'AFP.  Selon nos informations, le couac est bien dû au fonctionnaire chargé de la signature de l'arrêté de rétention et non à la saturation de centre de rétention administrative (il restait trois places disponibles au moment où le suspect est relâché).

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Collomb saisit l’inspection générale de l’administration

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a saisi ce lundi après-midi l’inspection générale de l’administration afin qu’elle détermine dans quelles circonstances l’auteur du double homicide a été remis en liberté après son interpellation et sa garde à vue. Cette décision vise à faire toute la lumière sur l’action des services de l’Etat et à être en mesure d’en tirer, si nécessaire, les enseignements. Le rapport d’inspection devra être remis au Ministre sous une semaine.


Invité ce mardi matin sur France Inter, Gérard Collomb a justifié l'ouverture de cette enquête qui devra déterminer "comment a -t-il été possible que cette personne ne soit pas placée en centre de retention". Il veut également "savoir comment on peut avoir sept identités différentes et ne pas à un moment donner des comptes à la police et à la justice".

Outre cette arrestation pour vol à Lyon, l'auteur des coups de couteau était connu depuis 2005 sous sept identités différentes pour des faits de droit commun. Lors de son arrestation à Lyon, il était détenteur d'un passeport tunisien. "Ce qui nous surprend c'est que comme il était en état de situation irrégulière, on ne l'ait pas gardé", a réagi le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin. 


Les enquêteurs cherchaient toujours, lundi soir, à cerner la personnalité et le parcours de l'auteur de l'attaque, perpétrée aux cris d'"Allah Akbar". Des investigations étaient en cours pour s'assurer de l'authenticité de son passeport, qu'il n'avait pas sur lui au moment du drame. L'individu avait déclaré aux policiers lyonnais vivre à Lyon, s'était dit sans domicile fixe et sans emploi autre que des missions non déclarées comme peintre. Il avait également dit être un consommateur de drogues dures et être divorcé. Il se trouvait encore à Lyon samedi après-midi.

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